Un président, roi du bonneteau… l’exemple par le logement

Avant de vous faire part des conséquences prévisibles de certaines mesures annoncées par le Président qui touchent les APL, les loyers et votre pouvoir d’achat, je voudrais, en votre nom et celui de vos élus, dire une nouvelle fois notre solidarité à l’égard des victimes du cyclone Irma et notre inquiétude pour la Guadeloupe et la Martinique qui sont à leur tour menacées alors que je rédige ce billet.

Les images qu’on nous a transmises notamment de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy révèlent que tout y est désolation. 

À la sidération des premiers moments succèdent désormais le désespoir, l’angoisse d’une vie sans toit, sans travail, et où trouver de quoi boire et manger sont une épreuve… 

C’est maintenant que le désarroi devient plus rude et qu’il s’empare de chacun et, en particulier, des plus démunis. C’est donc aujourd’hui, quand les lumières médiatiques s’éteignent une à une, que la solidarité doit se manifester à plein. 

C’est pourquoi, dans les jours à venir, en lien avec les élus locaux des îles martyres et avec les associations 

qui œuvrent déjà pour les soutenir, votre conseil municipal aura à se prononcer sur l’aide spécifique que nous pouvons apporter aux sinistrés. Le désastre humanitaire qui a frappé Saint-Martin et Saint-Barthélemy nous rappelle que l’esprit de solidarité est inscrit dans le caractère montreuillois. 

Cette catastrophe nous force à la réflexion. 

Nous savons qu’elle ne découle pas uniquement d’aléas naturels. Sa violence résulte aussi du réchauffement climatique. Il y a un peu moins de deux ans, Montreuil a accueilli des rendez-vous de la COP21 (conférence mondiale sur le climat). Sans parti pris idéologique, elle a mis en avant que l’une des causes de ces phénomènes ravageurs comme le réchauffement tenait à la loi économique du profit maximum. Elle pousse à produire et surproduire tout et n’importe quoi, fût-ce au détriment de ceux qui travaillent et de la nature, et pour le seul intérêt d’une minorité.

J’en viens maintenant aux annonces présidentielles qui pleuvent comme à Gravelotte et dont on nous dit à longueur d’antennes TV ou radio qu’elles vont faire notre bonheur.

Prenons un seul exemple, celui du logement et l’annonce conjointe d’une baisse probable des APL de 50 euros et d’une somme équivalente du loyer pour le secteur public. (Côté privé, les loyers, eux, restant libres.) 

Premier constat : 50 moins 50 égalent 0 et donc, en termes de pouvoir d’achat, vous n’aurez strictement rien gagné à l’opération.

Le président nous fait donc un coup de bonneteau. Pire, à long terme, nous y perdrons. Pourquoi ? 

Côté HLM – contraints d’appliquer une baisse de 50 euros des loyers –, les Offices vont voir leurs recettes baisser de 3 milliards d’euros sur 19 perçus.

Pour Montreuil, où 30 000 Montreuillois vivent dans ce cadre, la perte serait de 3 millions pour notre office HLM. Comme le dit justement son directeur, Jean-Luc Bonabeau, il faudrait alors bloquer des investissements. Cela signifierait l’arrêt de certaines rénovations, alors que des immeubles anciens en ont un grand besoin. C’est aussi un manque à construire de 300 logements. Or nous comptons 7 000 demandeurs, parmi lesquels de nombreux jeunes couples montreuillois qui veulent vivre dans notre ville.

La situation est aussi critique à l’échelle nationale où les responsables nationaux du bâtiment sont vent debout face au projet Macron. 

Et pour cause : « 3 milliards de moins pour les HLM, c’est autant de moins pour les constructions et les rénovations, c’est donc des milliers de chômeurs en plus », annoncent-ils.

On peut ajouter à ce triste tableau qu’à moins de laisser les immeubles tomber en ruine, un jour ou l’autre il faudra bien les restaurer et donc payer ces travaux. Comment ? En augmentant à terme les loyers qui forment l’essentiel des recettes des offices HLM.

Dans cette affaire des APL et de la pseudo-baisse des loyers, il y a pourtant de vrais gagnants. 

Au-delà du coup de bonneteau, le but de la manœuvre vise aussi à amener de plus en plus d’ayants droit actuels aux HLM à se retourner vers le marché privé de l’habitat. Or, qui financent ces constructions ? Les banques privées ! Bingo…. 

Loyers plus chers et ou déplacements vers le privé pour les uns, marchés et bénéfices financiers en plus pour les autres : vous avez saisi au passage ce que signifie être l’ami de la finance quand on est président et qu’on y a fait ses classes.

Cette logique machiavélique et sa finalité valent pour tout ce qu’entreprend actuellement le pouvoir : la réforme du code du travail, l’organisation et le financement de nos territoires et ceux de nos villes… 

De deux choses l’une, ou nous acceptons ces projets et leurs conséquences, ou nous y opposons. 

Mais le gouvernement menace : « Nous ne reviendrons pas sur nos choix.» Ce mes-sage est clair. Nous devons donc avoir à l’esprit que refuser ces logiques et leurs injustices exige une grande détermination et que cette détermination sera insuffisante si nous ne faisons pas nombre.

Seule l’union sans exclusive de tous celles et ceux qui veulent de la justice sociale – mère du bien-vivre ensemble – peut donc nous laisser espérer sortir gagnant des bras de fer qui s’annoncent.

C’est à la réalisation de cette union pour défendre les intérêts des Montreuillois et de notre ville que je consacrerai une nouvelle fois mes forces et, je l’espère et le souhaite, avec votre soutien.