Qu’on vienne nous le dire dans les yeux !

Une information rendue publique la semaine dernière mérite de retenir votre attention. C’est l’annonce par le gouvernement de baisser de 3,7 milliards la dotation faite aux collectivités locales. Cette déclaration a levé une houle de mécontentements jusque dans les rangs de la majorité. Dans notre département, parmi les protestataires figurent Michel Bourgain, maire « Vert » de L’Île-Saint-Denis, ou encore Michel Fourcade, le maire PS de Pierrefitte. Un numéro entier de Tous Montreuil ne suffirait pas à contenir la liste de noms des élus courroucés, une liste où vous trouveriez évidemment le mien. Car ces mesures qui n’ont d’« économies » que le nom risquent d’appauvrir nos communes. Ce qui signifie que certains voudraient que nous réduisions les services à la population ou bien que nous augmentions de façon considérable les impôts pour maintenir la qualité de ces services. Je refuse catégoriquement ce scénario. Car ce n’est pas dans un moment de crise aiguë qui touche tous les Montreuillois et en particulier ceux qui ont le moins – ceux qui sont privés d’emploi, les retraités, l’enfance – qu’on doit réduire les services à la population. C’est humainement inacceptable. Je ne singerai pas le maire UMP de Castres qui a décidé de ne plus financer les classes découvertes avec hébergement pour les enfants des écoles primaires. En nous privant de notre dû, on nous incite aussi à supprimer des investissements. Je voudrais que ceux qui imposent de telles restrictions viennent expliquer aux habitants des Ruffins que nous allons arrêter le chantier de rénovation thermique des HLM et la rénovation de la cité, ou à ceux des quartiers pavillonnaires qu’on va laisser s’installer des nids-de-poule ou réduire le nombre des passages de collecte ménagère, et à tous les Montreuillois que le cimetière restera en l’état !

Je veux que ceux qui veulent renvoyer aux calendes grecques la construction du tram T1, la prolongation de la ligne 11 du métro ou celle de la ligne 9, qui vont changer positivement nos vies, viennent nous le dire ici dans les yeux. Le budget de l’État est plombé par la dette accumulée sous tous les gouvernements depuis quarante ans. J’ai envie de leur dire : « C’est la preuve que vous ne savez pas gérer les affaires de la France. » Et vous persistez dans les mauvaises solutions. Au lieu de permettre aux communes d’investir, donc de générer de l’activité économique, donc des emplois, ce sont 8,7 milliards de notre argent qui sont livrés sous forme de cadeaux fiscaux, notamment par le biais du CICE*, aux banques et aux entreprises du CAC 40 qui ont engrangé 40,7 milliards de bénéfices ! Ça ne fait que le bonheur des actionnaires. Ça n’est pas le bon choix. Chaque euro d’aide aux entreprises doit être accompagné d’un engagement écrit à créer un emploi et chaque euro d’aide doit immédiatement être restitué aux caisses de l’État dès le premier euro de bénéfice réalisé.

On ne nous fera pas de cadeau. Le seul moyen d’obtenir notre dû, de faire face à nos obligations et de donner à Montreuil les outils de son avenir, c’est de faire corps et, ensemble, d’exiger cela. C’est ce que nous avons fait pour le tram T1 et la ligne 11.

Notre action commune a fait tache d’huile, au point que les conseils municipaux de toutes les communes concernées par leurs tracés se sont retrouvés chez nous, à Montreuil, pour unir leurs forces et leurs efforts pour mettre en échec les coupes budgétaires et faire aboutir ces projets. C’est la bonne voie.