Patrice Bessac sur le logement : Le gouvernement doit déclarer l’état d’urgence !

Les chiffres sont têtus : Paris se vide de ses habitants, -60 000 pour cette seule année. Un grand nombre de ces ménages viennent chercher dans les villes de la première couronne quelques mètres carrés supplémentaires et des loyers accessibles, avec comme conséquence une hausse des prix de l’immobilier et une hausse des loyers dans nos communes. Selon le baromètre de SeLoger paru le 7 janvier dernier, Montreuil enregistre une augmentation de 13,1 % du prix de l’immobilier ancien en 2018. La « loi » du marché est implacable. Elle est insupportable.

Pour la majorité des familles qui vivent dans nos villes ou voudraient s’y installer, ces prix sont devenus un véritable mur. Des salariés, des agents de la fonction publique, des travailleurs -précaires ou non- n’arrivent plus à se loger, en Ile-de-France notamment. C’est aussi vrai sur tout le territoire national. Certains dorment dans leur voiture ou luttent tous les soirs pour une chambre d’hôtel ou une place d’hébergement via le 115. Dans nos villes, de plus en plus de familles sont en situation d’errance, le nombre de demandeurs de logement explose. A Montreuil, 7 000 sont en attente. Partout en France les délais d’attribution s’allongent. Le coût du logement place des centaines de milliers de familles dans des situations d’extrême urgence sociale.

Le « pouvoir de vivre » passe par le droit à se loger dignement. C’est un droit fondamental. Montreuil est fière de son attractivité et nous sommes heureux d’accueillir toutes celles et tous ceux qui souhaitent s’y installer, mais cela ne peut se faire au détriment de la mixité sociale. Notre commune est populaire et nous en sommes fiers.

Montreuil a actionné de nombreux leviers pour lutter contre la spéculation immobilière et foncière : Défense du logement social et de ses locataires, encadrement des prix de sortie pour les logements neufs, accession sociale à la propriété, habitat partagé, délibération en Conseil Municipal demandant l’application de l’encadrement des loyers …

Mais les villes ne peuvent agir seules. Une action coordonnée au niveau national doit être mise en œuvre afin de mettre un terme à cette logique de marché qui écrase et exclue les habitant.e.s de nos villes.

Le droit à un logement est fondamental. Le gouvernement doit déclarer l’état d’urgence !

Patrice Bessac


Reportage de France 3 :

Reportage de BFM Paris :


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