Patrice Bessac : « Pourquoi nous devons défendre la jeunesse de Montreuil »

Hier, marchant de la Mairie au Bel Air, je me suis arrêté au Café La Pêche. Pour dire bonjour. Sans prévenir.

Un atelier d’écriture se tient. Dans les studios d’enregistrement en bas des jeunes hommes rappent, des jeunes femmes chantent. En haut, des groupes écrivent leurs morceaux, à plusieurs mains. Certains, certaines sont du Morillon, d’autres de La Noue, du Bel-Air ou du Centre-Ville.

Les voir travailler ensemble, rapper leur rage, leurs espoirs, leur colère, leurs rêves, chercher les mots, écrire, bref chercher à donner, à transmettre est vraiment beau.

Un moment m’a particulièrement touché. Un jeune s’approche du micro, rappe un morceau triste, dur et pourtant tellement plein d’espoir et d’énergie. Ce jeune, comme beaucoup, a probablement eu une vie dure, pas facile. Et sur le béton de notre ville, dans la difficulté et la joie d’une vie humaine, il rappe à l’égal des grands poètes. Il y a a du jeune Rimbaud chez lui. Un diamant à l’état brut qui ne le sait pas encore. Un talent fâché.

Plus tard, à la Maison de quartier du Bel-Air, je tombe sur un jeune gars, qui a connu la prison et les difficultés, qui bosse, qui s’accroche, qui a envie de donner, de construire quelque chose de bien pour lui, pour sa famille.

Je pense aussi à ces filles croisées fortes, décidées à rentrer dans la vie, dans les études et franches, avec un beau souci des autres et de soi.

Je pense à ce jeune homme, ancien bicraveur*, rangé désormais, qui se bat pour sa famille, pour ses enfants, pour leur permettre de vivre bien.

Ces parcours de vie, cette force dans notre jeunesse est là. Des âmes intrépides et généreuses. Ils et elles sont la France passionnée, la soif de justice sociale, l’amour souvent déçu d’une patrie vraiment fraternelle.

Si la politique a un sens, alors c’est permettre à ces jeunes humains de devenir le meilleur d’eux-même. Et Montreuil, belle commune de banlieue, est belle parce qu’elle permet cette rencontre.

Alors que dans quelques semaines l’ancien Ministre de la Ville, Jean-Louis Borloo, que je respecte pour ce qu’il a fait pour nos villes, rendra son rapport au gouvernement pour un nouveau plan banlieue, c’est à notre jeunesse, à son éducation, à son droit inaliénable au bonheur, à vivre bien avec dignité et respect que je pense.

C’est en pensant à elles et eux que je participe au mouvement des Maires de banlieue.

Parce que nous devons défendre la jeunesse de Montreuil. Parce qu’elle est notre fierté et notre espoir.

Patrice Bessac, Maire de Montreuil


* Revendeur en argot Montreuillois


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