Parce qu’au bout du compte, les payeurs, c’est nous, c’est vous …

Le Montreuilllois N°12

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L’Editorial du journal Le Montreuillois N°12

Pour la deuxième année consécutive, la part montreuilloise de vos impôts locaux ne va pas augmenter.
Notre engagement à votre égard a donc été respecté. Mais vous devez savoir que pour en arriver là, le chemin a été long et difficile.

L’État a failli à ses devoirs en nous privant des millions d’euros dus au titre des transferts des charges qui lui incombaient et qu’il a déplacés sur notre dos.
Dans le même temps, il nous a imposé d’assumer les coûts nouveaux de services lui revenant. C’est le cas de la prise en charge de l’encadrement des enfants découlant des nouveaux rythmes scolaires : la facture est de 2 millions d’euros pour votre commune.

Cette association maudite, amputation des dotations et augmentation des charges, s’est trouvée handicapée par des options antérieures, parfois mal maîtrisées. Un exemple : le transfert de services au sein du groupement des communes Est Ensemble s’est traduit par le déplacement vers cette structure de plus de 230 agents communaux, toujours rémunérés par Montreuil.
Les effectifs spécifiquement montreuillois auraient dû logiquement décroître d’autant. Il n’en a rien été. Le volume global de personnel a même augmenté. Cette opération, qui aurait donc dû rationaliser le travail et réduire les coûts supportés par la population, n’a pas été menée à son terme et nos finances s’en sont trouvées alourdies.

Désaffection de l’État, austérité imposée, baisse des ressources, hausse du coût de la vie et des charges, surcroît des demandes liées à la crise qui affecte une partie de nos concitoyens, accroissement des besoins découlant d’une augmentation de la population et donc du nombre des enfants qui naissent et vivent à Montreuil : voilà très concrètement ce à quoi votre majorité municipale a été confrontée pour élaborer un budget que la loi oblige à l’équilibre.

Face à une telle situation, il y a ceux qui font les grands discours, ceux qui ne sont pas avares d’effets de manche. Mais les beaux parleurs ne sont pas les payeurs. Les seuls vrais payeurs, c’est nous tous, c’est vous ! Car chaque euro dépensé par votre commune sort de votre poche. Avec votre majorité municipale, et pour la deuxième année consécutive, j’ai rejeté le recours à une augmentation générale des impôts locaux, pour faire « comme avant » et compenser les défections du gouvernement. Nous avons fait appel à la responsabilité de tous et de chacun, et à celle du personnel, pour trouver des solutions nouvelles, pour rationaliser notre travail, corriger les anomalies, faire des économies partout et sur tout ce qui n’est pas indispensable aux fondamentaux et à la qualité du service public.

Chaque Montreuillois doit être conscient que, en son nom, des efforts collectifs et individuels ont été demandés au personnel communal, afin d’éviter une envolée des impôts locaux si nous maintenions les choses en l’état. Il mérite donc notre considération et nous devons désormais lui offrir les moyens d’affronter d’autres échéances qui menacent les emplois. Je pense notamment aux technologies nouvelles, à ce qu’on appelle l’« intelligence artificielle », à la robotique, et qui supprimeront, selon les conclusions du forum économique de Davos, 7,1 millions d’emplois d’ici 2020, notamment dans le secteur de l’administration.
Assurer un avenir positif, pérenne et intéressant à chaque employé communal sera un défi. Ce défi, j’ai décidé de le relever dans l’intérêt à la fois de chaque agent et aussi du service public qui doit être offert à chaque Montreuillois.

Au titre des économies, j’ai demandé aux élus de votre majorité municipale de montrer l’exemple en acceptant une baisse de leurs indemnités de 5 %. Et je veux les féliciter, ici, d’avoir accepté. Cet acte complète la décision que j’ai prise, dès le début de mon mandat, de diviser par deux le montant de la rémunération du maire que touchaient mes prédécesseurs.

Notre bataille du budget 2016 ne se limite pas à la recherche légitime de la maîtrise de nos dépenses tout en préservant nos choix sociaux, égalitaires et d’avenir.
Elle passe nécessairement par la révision complète de la politique gouvernementale, qui nous conduit, nous aussi, dans l’impasse budgétaire.

Vous le savez, j’ai écrit au président de la République pour qu’il nous permette de récupérer les millions que l’État nous doit et lui dire stop ! Stop à la politique d’austérité généralisée et d’appauvrissement des communes qui nous conduisent dans le mur. L’OCDE (2) ne déclare-t-elle pas par la voix d’Olivier Thévenon : « Les inégalités s’accroissent, la France est particulièrement mal placée, ce pays est parmi les plus inégalitaires, la situation est vraiment en train de déraper. » On aurait souhaité que ces multiples messages d’alerte, et aussi les nôtres, soient relayés par ceux qui nous représentent, notamment à l’Assemblée nationale, afin qu’ils transpercent les murs des palais de la République où tout se décide sans tenir compte de notre expérience du terrain, des réalités, des besoins.

Ne nous voilons pas la face : notre budget commun 2016 est un budget de crise.
Mais nous avons fait des choix qui protègent les Montreuillois qui sont dans la difficulté. Nous avons fixé des priorités qui préservent l’école, la santé, l’enfance, la jeunesse et qui assurent l’avenir de votre ville. Nous ne deviendrons jamais une ville-ghetto et à problèmes, au contraire.

Montreuil doit être une ville juste, où l’impôt ne chasse pas les plus démunis, elle doit être dynamique, attirer à elle les individus comme les entreprises, leurs talents, leurs savoir-faire, être un espace de la solidarité et de la réussite partagée. C’est une ambition exigeante, difficile dans ces moments de dures contraintes.
Cette ambition guide tous nos actes et appelle votre soutien …