Nous vivons des moments cruciaux qui réclament que nous n’en soyons pas seulement des témoins

Lire Le Montreuillois N°13

Quand elle influence directement la vie des Montreuillois, la politique nationale oblige qu’on s’y arrête.
« La France va mieux », nous dit notre président.
C’est en partie vrai, si l’on en croit l’institut de la statistique Insee qui fait état d’une croissance de la marge des sociétés non financières. En un an, elle a augmenté de plus de 30 %. C’est un record depuis 2011. Cette augmentation des marges, on vous la doit en très grande partie. Elle a été réalisée grâce au travail des salariés de ces entreprises et aux dizaines de milliards donnés au patronat par l’État. Cet argent, c’est celui de vos impôts sur le revenu ou celui de la TVA que vous versez quand vous achetez la moindre baguette de pain ou le moindre litre d’essence.

Mais cette croissance ne profite, pour l’heure, ni à l’emploi ni aux salariés. En revanche, les ventes des automobiles de luxe Porsche explosent. Ce constat est confirmé par un organisme au-dessus de tout soupçon : l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Par la voix de son économiste Olivier Thévenon, l’OCDE révèle : « Les inégalités s’accroissent, la France est particulièrement mal placée, ce pays est parmi les plus inégalitaires, la situation est vraiment en train de déraper. »
Cette situation injuste et anormale met à mal la cohésion de notre pays. Elle est source de mécontentement et même de frustration, les colères sociales actuelles en sont en partie le reflet.
Je n’ai pas manqué de le rappeler lors de ma visite à l’Élysée, porteur d’une pétition signée par des milliers d’entre vous, dénonçant la suppression arbitraire des dotations gouvernementales. J’y ai réclamé notre dû.
J’ai aussi rappelé comment notre commune de Montreuil, grâce à sa politique sociale, rétablissait un peu plus d’égalité entre tous.
Permettre à un enfant de faire de la musique à un faible prix, c’est un peu plus de justice sociale, venir en aide directement auprès de retraités aux ressources insuffisantes, c’est un peu plus de justice sociale, faire de Montreuil une ville propre avenante et dynamique dans tous les domaines économique, culturel, sportif, et y faire une bonne place à chacun… c’est faire acte de justice sociale.

Or, les amputations des dotations font obstacle à notre politique de justice.
Elles mettent notre budget en déséquilibre, nous obligeant à d’insupportables restrictions, sauf à augmenter considérablement les impôts des Montreuillois. Ce que nous avons refusé.
Nos arguments ont été entendus, mais seront-ils suivis d’effets ? On doit s’en inquiéter quand on constate que l’égarement « libéral » prévaut.
La manière dont on veut nous imposer coûte que coûte la loi El Khomri l’illustre aussi:
- 74 % de l’opinion publique sont contre.
- Les trois syndicats qui rassemblent la majorité des voix des salariés – la CGT, FO et Solidaires – sont contre.
- À l’Assemblée nationale, aucune majorité n’existe pour voter cette loi.
Cette réalité aurait dû, normalement, conduire le gouvernement à remettre le projet en chantier avec tous les partenaires.
En choisissant le passage en force à l’aide du 49.3, il s’exonère, de fait, des règles les plus fondamentales de la démocratie. C’est grave. Et porteur de lourdes menaces pour notre avenir.

J’en veux pour preuve la promptitude avec laquelle la droite s’est engouffrée dans cette brèche faite à la démocratie. Jean-François Copé s’est fait le porte-parole de la droite en déclarant qu’il faut éliminer tous les obstacles empêchant une « économie libérée », citant pêle-mêle la CGT, le Code du travail et l’Union nationale des étudiants de France. Il veut une société du travail où chacun de nous devra se soumettre aux seules règles imposées par la loi du bénéfice maximal.
Voilà l’avenir que la droite ambitionne. C’est d’ailleurs et exactement ce que le pape François lui-même appelle : « la dictature des marchés ».

Nous n’avons pas vocation à nous plier, mais à nous faire entendre et respecter.
« Le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple » reste notre règle et je vous invite à ne pas céder afin :
- d’obtenir que l’État nous verse les dotations qu’il nous doit, qu’il donne aux communes les moyens d’être les facteurs dynamiques de l’économie.
- d’obtenir que la voix du peuple, c’est-à-dire la démocratie, soit respectée en toute chose.

Nous vivons des moments cruciaux qui réclament que nous n’en soyons pas seulement les témoins mais les acteurs.