Montreuil se rassemble et pulvérise l’extrême droite

Ce dimanche 7 mai 2017 la France a refusé le pire…

Elle a refusé le pire comme ce fût déjà le cas il y a tout juste 15 ans, quand un autre membre de la famille Le Pen, ces chefs de l’extrême droite française, prétendait entrer à l’Elysée et s’emparer du pouvoir.

On doit à la conscience d’une grande majorité des françaises et des français d’avoir échappé à ce sordide et tragique scénario.

C’est une nouvelle fois un vote historique et hautement politique auquel nous venons de participer ce dimanche. Un vote où le désir de vivre dans une France libre et démocratique a été comme pour beaucoup d’entre nous la raison majeure de leur vote. Un vote qui a souvent pris le pas sur des ressentiments.

En 2002, la présence de l’extrême droite au deuxième tour avait été un véritable choc, un choc aussi violent qu’inattendu.

Un puissant élan démocratique avait alors mis des millions de nos compatriotes dans les rues. Cet élan populaire devait se traduire dans les urnes où le candidat Chirac avait vu son score atteindre des sommets inégalés avec près de 80%.

Mais que fit le candidat de la droite républicaine de ce vote patriotique ? Rien.

L’histoire avec un grand H retiendra qu’il fut le président mesquin d’un parti, l’UMP et celui d’une classe, celle des possédants.

Cet épisode s’est profondément inscrit dans la mémoire de nos compatriotes. Et il faut aussi en lire les conséquences dans les résultats de ce soir.

Comme il faut y lire l’exaspération et la colère de nos compatriotes victimes et opposants à la politique libérale qui avaient espéré des changements progressistes en 2012. Des espoirs vains.

L’extrême droite a su capter une large part de cette colère née de la politique anti populaire et austéritaire mise en œuvre lors du quinquennat écoulé. L’extrême droite y a forgé une partie de sa force. Son poids va peser comme une épée de Damoclès sur la politique de notre pays et sur son avenir.

Les progressistes de ce pays savent qu’ils n’ont rien à attendre du nouveau Président. Jusqu’à vendredi il a dit et répété qu’il entendait mettre notre pays, son peuple et particulièrement le monde du travail au diapason de la mondialisation capitaliste. Il entend faire de la vie des travailleurs une variable d’ajustement au seul critère qui prévaut aux yeux du monde de la finance dont il est issu : le taux de profit.

Vous savez, nous savons tous ce que cela signifie, nous savons tous que c’est cette politique anti populaire qui a conduit l’extrême droite française aux portes du pouvoir.

S’opposer aux politiques libérales et austéritaires, promouvoir une politique du progrès pour tous devient donc aussi un combat vital pour la démocratie.

C’est le combat que doit désormais conduire tous celles et tous ceux qui s’affirment progressistes, toutes celles et tous ceux qui se réclament de la gauche, toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas seulement dans les discours, que le peuple vive bien, que le peuple vive libre, que le peuple se construise un avenir de progrès et un avenir qui écarte les graves menaces qui pèsent sur la paix.

Ce soir l’extrême droite a été écartée du pouvoir.

A Montreuil, nous sommes fiers de ce résultat national. Et nous sommes fiers aussi du résultat dans notre ville. Nous sommes fiers que 87 % des Montreuillois aient fait barrage à l’extrême droite qui est réduite à ce résultat de 13 % soit 20 points de moins que la moyenne nationale. Les Montreuilloises et les Montreuillois sont définitivement des partisans de la liberté, de l’égalité, de la fraternité et du rassemblement.

Mais nous sommes aussi conscients que le score de Marine Le Pen sur le plan national a rassemblé deux fois plus d’électeurs que son père et que la montée des idées mortifères de l’extrême droite empoisonnent toujours plus de conscience et qu’elles influencent gravement la vie politique française.

Cette réalité appelle à la plus grande lucidité.

Le deuxième tour de l’élection présidentielle a vu donc deux protagonistes : l’extrême droite et le libéralisme. La gauche, la vraie celle du progrès social, de l’écologie et de la paix a été écartée de ce tour capital.

C’est pour nous tous, démocrates et progressiste, fervents défenseurs de l’égalité, de la fraternité et de la liberté, c’est un échec.

Nous en connaissons une des causes : sa division.

Il faudra bien que chacun fasse positivement son examen de conscience.

Mais des questions surgissent inexorablement.

Les propositions hautement progressistes de Jean-Luc Mélenchon, de Benoit Hamon des écologistes d’EELV, des communistes étaient-elles si éloignées qu’une union soit impossible ?

On ne réécrit pas l’histoire, mais une histoire nouvelle et immédiate s’offre a nous.

Sommes-nous condamnés à subir la politique libérale socialement régressive annoncée par Emmanuel Macron ?

Allons-nous laisser l’extrême droite capter les colères et devenir comme elle le prétend la principale force d’opposition ?

Allons nous laisser les ambitions personnelles et partisanes et le poison de la division faire une nouvelle fois ses ravages dans nos rangs ?

Une nouvelle heure de la vérité se présente avec les élections législatives des 11 et 18 juin.

Ne tergiversons pas.

Deux voies sont possibles pour les démocrates et progressistes de France dont nous sommes nous les montreuillois : la voie de la division, ou celle du rassemblement.

Pas un rassemblement de circonstances mais celui de la reconquête, avec le peuple pour le peuple.

Ce que la gauche a de meilleur doit se retrouver sans attendre pour élaborer dans les jours qui viennent un pacte de gouvernement et de solidarité. Un pacte social, écologiste, humaniste, capable de réunir pour le combat législatif.

Les soutiens de Jean-Luc Mélenchon, les communistes co-auteurs de son score présidentiel, les soutiens de Benoit Hamon et les écologistes d’EELV si indispensables. Un tel rassemblement fort d’un programme peut déclencher une vague d’espoir, une mobilisation et aboutir à une nouvelle majorité.

Le peuple de France, le monde du travail, sait reconnaître la où est son intérêt donnons-lui les moyens de reprendre son destin en main.

Montreuil entend être de ce combat.

Vive Montreuil, vive la République, vive la France.


Emmanuel Macron : 86,96 % / 31 667 voix.

Marine Le Pen : 13, 04 % / 4 748 voix.