Mon discours d’investiture

Monsieur le doyen du conseil municipal, Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux,

Vous venez de m’élire à la fonction de maire de notre ville.

Je vous remercie sincèrement de la confiance que vous venez de m’accorder. Ce vote est certes l’épilogue de la campagne électorale.

Mais pour moi, il est avant tout le le début de la mission que nous ont confiée les Montreuillois et que je suis désormais chargé de mettre en œuvre.

Cette mission a pour but de faire de Montreuil une bonne ville, une ville où chacun se sent bien parce qu’il y occupe une place positive.

Il s’agit de faire de Montreuil une ville conviviale, une ville où l’on aime accueillir celles et ceux qui nous rendent visite, en un mot une ville attrayante dont chaque habitant est fier.

Cet objectif me tient d’autant plus à cœur que l’environnement économique et social dans lequel nous vivons est difficile.

Le chômage de masse fait des ravages.

Il bouleverse la vie de la femme ou de l’homme qui en est victime.

Le chômage destructure la vie collective, il nous divise. Il conduit hélas parfois à la recherche de solutions individuelles qui mettent en péril la paix civile.

Ce chômage qui mine notre société ne tombe pas du ciel. Il est le résultat, la conséquence de l’avidité et de la cupidité d’une poignée d’individus à la tête d’un système désormais obsédé par la captation des richesses. Une minorité qui n’en finit plus d’accumuler millions et milliards au détriment de tous les autres.

Parce qu’elle est populaire, parce qu’ici on vit de son travail et pas de rentes, notre ville de Montreuil paie un lourd tribu à ces logiques dont une des conséquences est le chômage.

Chez nous les victimes de ce fléau sont plus de 9 000.

Les femmes, nos jeunes sont les plus frappés.

1 jeune montreuillois sur 3 en âge de travailler est au chômage.

Pour ces Montreuillois, l’horizon immédiat, c’est l’agence de pôle emploi et pour une partie d’entre eux, c’est l’obligation de recourir au RSA pour vivre ou plutôt …pour survivre.

Quel gâchis, Mesdames et Messieurs les conseillers quel gâchis, qu’elle indignité pour notre pays de voir ces milliers d’intelligences, ces milliers de savoir-faire , ces milliers de forces vives ainsi paralysées, réduites à néant quand elles pourraient inventer, créer, transformer, produire dans une économie moderne soucieuse d’égalité et basée sur un développement durable protecteur de notre environnement.

Nous avons tous ici conscience qu’en matière d’emploi notre sort est lié au sort de notre pays et même au-delà.

Mais dès lors que la question du travail est une préoccupation majeure de nos habitants, nous avons le devoir d’y faire face. Nous avons le devoir de mettre nos énergies, toutes nos forces à la création d’emplois sur le territoire de la commune.

Permettre aux entreprises de s’installer ici est un objectif majeur. Mais nous devons avoir d’autres ambitions que celles qui consistent seulement à participer au grand jeu des chaises musicales des entreprises qui quittent une commune pour une autre. Déshabiller Pierre pour habiller Paul cela ne peut pas être un avenir.

ça n’est pas notre philosophie de la vie.

Non, en matière d’emploi il faut plus. Nous serons attractifs si nous conjuguons travail et futur. Nous devons être le territoire des activités de demain, des activités qui généreront les bons emplois, les bons salaires. Nous aiderons les jeunes de Montreuil à y trouver leur place.

Vous l’avez compris, je veux faire de la question de l’emploi une priorité du conseil municipal réuni aujourd’hui.

Cette bataille pour l’emploi est un chantier qui nécessite que chacun d’entre-nous mette les mains dans le cambouis.

Dans ce domaine, chaque membre du conseil municipal sera utile, que dis-je, nécessaire pour espérer des résultats durables.

C’est pourquoi, j’ai décidé de créer une « Commission municipale spéciale sur l’emploi à Montreuil ». Une commission qui sera ouverte à chaque groupe représenté dans cette assemblée.

L’emploi ne figurait-il pas dans les programmes de tous les candidats ?

Et bien, l’heure est venue pour chacun de passer à l’acte.

Les Montreuillois attendent que chacun prenne sa place dans la mêlée sociale.

Pour l’emploi pas de spectateurs, des acteurs !

Au travail donc pour le travail.

Au travail aussi pour l’enfance, cette enfance qui est notre avenir à tous.

« Pas un seul enfant de Montreuil ne doit rester sur le bord du chemin ». Il faut écrire cette phrase en lettres énormes, la lire chaque matin. Elle doit nous habiter.

Là encore, nous n’avons pas toutes les cartes en main, mais je peux vous assurer que celles que nous avons seront employées à 100%.

Nous avons tous conscience que dans le domaine scolaire de lourdes inégalités existent. Et bien, nous nous organiserons pour mettre en échec cette autre calamité.

Certains bénéficient d’un environnement qui leur donne les outils indispensables à la réussite scolaire. Pour mille autres raisons, d’autres n’en disposent pas. Et bien je m’engage à tout faire pour palier leurs manques.

Comme pour l’emploi chaque compétence sera utilisée pour permettre aux enfants de Montreuil de se sentir bien dans leur ville, et d’y trouver les atouts pour réussir leur scolarité.

Tirer tout le monde vers le haut, voilà quel sera notre objectif. Et pour cela nous y mettrons les moyens. C’est un devoir, il aura un coût et nous l’assumerons.

Les ressources financières de Montreuil sont limitées. Et le désengagement de l’Etat à l’egard des collectivites nous pénalisent.

Elles ne sont donc pas extensibles et chaque euro dépensé doit donc l’être dans un but précis et efficace. J’y veillerai. Tous ceux qui concourent à la bonne marche des affaires et des services de la commune y +veilleront.

Pendant la campagne, avec mes colistiers, nous nous sommes engagés à confier la présidence de la commission des finances à un représentant de l’opposition. Cet engagement je le tiendrai!

Au chapitre des devoirs, figure la qualité des services municipaux. Pour cela nous pourrons compter sur l’engagement du personnel communal. Les agents communaux savent, mieux que quiconque, que les services publics sont la richesse de ceux qui n’en ont pas. Ils auront mon appui pour mener toutes leurs missions.

J’ai parlé du présent avec le fléau du chômage, j’ai parlé du futur avec l’enfance. Avec ces deux exemples qui structurent la vie de chacun, de chaque famille montreuilloise, j’ai voulu vous préciser nos intentions et illustrer notre méthode de travail.

Ces intentions, cette méthode s’appliqueront à tous les domaines, en particulier à la question cruciale du logement comme à celle de la culture.

Monsieur le doyen, mesdames messieurs les adjoints, mesdames messieurs les conseillers municipaux : nous sommes réunis ce matin par la seule volonté des citoyens de Montreuil.

Les Montreuilloises et les Montreuillois sont des gens sérieux. Ils connaissent la situation dans laquelle notre pays est plongé. Et même s’ils ne la vivent pas tous avec la même intensité, tous perçoivent la crise que notre société traverse.

Je l’ai dit, les Montreuillois n’attendent pas de nous des miracles. Mais, ils attendent que nous agissions dans le cadre municipal pour les aider à y faire face, pour les aider à préparer efficacement leur l’avenir.

Ils attendent que nous respections nos engagements. J’en serai le garant.

Ils attendent que nous travaillions à faire en sorte que vivre à Montreuil soit une chance.

La coopération, la solidarité, la participation permanente des habitants seront les leviers quotidiens de notre travail. L’esprit d’équipe notre carburant et l’intérêt des Montreuillois notre but.

Vive Montreuil !
Et maintenant chers amis qui nous avez fait l’honneur d’être présents ce matin, à cette cérémonie d’investiture, je vous invite à vous joindre à tout le conseil municipal qui va déposer un bouquet de fleurs sur deux stèles. Celle qui nous rappelle la boucherie de la guerre 1914- 1918 et celle qui nous rappelle qu’entre 1940 et 1941 les nazis allemands et une partie de l’extrême droite qui servait leurs desseins anti démocratiques et racistes campaient ici même. Ils furent chassés au prix du sang et de la douleur des Montreuillois.

Je l’ai exprimé dimanche dans cette maison commune, nous sommes les héritiers de l’histoire de ces montreuilloises et de ces montreuillois auxquels nous devons de vivre en démocratie, soyons en dignes !