L’Ecole de la République doit être décrétée grande cause nationale

A l’appel des principaux syndicats réunis autour de la contestation du projet de réforme du collège, la communauté éducative s’est une nouvelle fois fortement mobilisée hier. Une mobilisation enseignante à laquelle le gouvernement est resté sourd puisque nous apprenons ce matin la parution au Journal Officiel du décret et de l’arrêté portant sur le texte contesté.

Bien qu’attendue par le corps enseignant parce qu’inscrite depuis longtemps dans le projet de loi de refonte de l’école, cette réforme est loin de faire l’unanimité.

Premiers points de tension : la suppression des options telles que le grec ou le latin, ou encore celle des classes bilangues.

Au-delà, le renforcement de l’autonomie des établissements scolaires en matière de recrutement des enseignants, de construction des programmes et des emplois du temps pose un problème fondamental en matière d’égalité républicaine.

Cette mise en concurrence des établissements remet en cause le service public de l’Education, principal garant de la réussite de chaque enfant et de son droit à un enseignement de qualité, quelle que soit son origine sociale ou son appartenance territoriale.

Comme l’ensemble des services publics, l’Education nationale paie les conséquences d’une politique d’austérité qui n’a de cesse d’accroître les inégalités. 

Le département de la Seine-Saint-Denis est particulièrement frappé : classes surchargées, non remplacement des enseignants, conditions d’apprentissage dégradées… autant de difficultés qui ne permettent pas de satisfaire les ambitions que nous portons pour les milliers d’enfants et d’adolescents qui font la richesse et l’avenir de nos territoires. 

A Montreuil, la communauté éducative qui s’était déjà fortement mobilisée contre la réforme de l’Education prioritaire, a, hier, largement pris part à ce mouvement. 

Plus que de réformes de programmes, c’est d’un véritable plan d’urgence dont l’Education en Seine-Saint-Denis a besoin. 

L’Ecole de la République doit être décrétée grande cause nationale. Elle doit être celle de la réussite de chaque enfant, celle qui leur permettrait d’apprendre et de s’épanouir dans de bonnes conditions et leur donnerait les moyens d’être autonomes et de se construire l’avenir personnel et professionnel de leur choix.