Le temps des élections est passé. Celui des promesses aussi. Désormais, comptons sur nous-mêmes…

Nos compatriotes vont pouvoir juger sur pièces de ce que ces promesses valent. De leurs incidences sur la vie quotidienne. Parmi les mesures annoncées par le Président, l’une, dont on parle beaucoup, va bouleverser la vie de chaque salarié, l’autre, celle de votre commune.

Monsieur Macron entend mettre un terme à l’universalité du contrat de travail (convention collective) qui assure au salarié d’un secteur d’être traité de la même manière, quel que soit son employeur. Il veut que le salaire, le temps de travail et même les conditions se «négocient» désormais au niveau de chaque entreprise. Cette mesure, qui se présente comme devant répondre à la diversité des situations, va créer une spirale infernale se retournant contre les salariés et au bout du compte contre les entreprises elles-mêmes : l’une, qui pourra décider d’augmenter le temps de travail sans toucher au montant des salaires, deviendra aussitôt plus compétitive que ses concurrentes qui ne tarderaient pas à se mettre au diapason, allant même un peu plus loin dans l’abaissement du prix du travail en jouant sur tous les leviers en même temps.

Avec un tel système, le règne du moins-disant salarial et social se généraliserait, les travailleurs devenant partout des variables d’ajustement.
Il s’ensuivrait une dégradation des conditions de travail et de vie, un appauvrissement. Les seuls à tirer leur épingle de ce chamboule-tout social seraient évidemment les propriétaires et les actionnaires, qui verraient croître leur part des profits. Je considère que cette voie est inacceptable.
De plus, elle est potentiellement dangereuse pour l’avenir économique. En poussant les employeurs aux prises à des embarras conjoncturels ou structurels à agir sur les salaires et les conditions de travail, elle empêcherait de rechercher d’autres solutions stratégiques, comme dans l’innovation positive. Enfin, qui peut imaginer que les pays émergents, dont la «compétitivité» tient aux bas salaires, resteront les bras croisés ? Ils s’aligneront à leur tour sur la politique du moins-disant.

La seconde menace concerne la vie de nos communes, donc celle de Montreuil.
Le Président a annoncé qu’il voulait absolument tenir l’engagement mortifère de Bruxelles fixant le déficit public à moins de 3 %, et cela bien que la croissance soit inférieure à 1,5%.
Pour faire moins avec moins, deux possibilités existent :
- Prélever plus d’impôts sur les grandes fortunes et les très hauts salaires, ou notamment sur les 75 milliards d’euros de bénéfices reversés sous forme de dividendes aux actionnaires des sociétés du CAC 40.
- Réduire le budget destiné aux services publics.
Le Président ne voulant pas affecter les relations étroites qu’il entretient avec les potentats du CAC 40 qui l’ont soutenu dans sa campagne, il a décidé d’opter pour la seconde solution : mettre les collectivités locales au régime sec.
Communes, départements et régions sont donc menacés de voir leurs dotations d’État baissées de 10 milliards d’euros, et plus si nécessaire.
Cette saignée s’ajouterait à celle déjà effectuée par ses prédécesseurs, qui ont amputé, en cumulé, les finances de Montreuil de 29 millions d’euros entre 2012 et 2017. Depuis 2014, nous nous sommes refusés à compenser ces manques par une augmentation des impôts communaux.

Ces restrictions dont l’objectif final est de faire payer aux seuls habitants de notre pays les services qu’on leur délivre nous contraignent constamment, pour ne pas y souscrire, à réorganiser les budgets de fonctionnement. C’est la condition pour préserver nos priorités : la santé, l’éducation, la demande sociale (croissante en ces temps de chômage de masse), et pour assurer les investissements pour le développement de la ville, indispensables au bien-être des habitants et à son attractivité pour l’emploi.
Les mesures austéritaires du nouveau pouvoir voudraient aussi s’exercer à l’échelle régionale. Elles hypothèquent des projets comme le tram T1 ou la prolongation des lignes de métro à Montreuil et dans les communes voisines.

Il est hors de question de se laisser «plumer» sans réagir.
Ces mesures en surprendront plus d’un, qui ont cru au possible changement dans l’avènement d’un président de type «nouveau», mais qui fut en réalité hyper-médiatisé grâce au généreux concours des neuf milliardaires qui détiennent les leviers de la presse et de la communication en France.
Il y a fort à craindre que le brouillard médiatique se levant, l’on constate que «tout a changé pour que rien ne change». Entendez par là que les puissances d’argent restent bien les maîtresses du jeu, au détriment du plus grand nombre.

Dans les semaines qui viennent, il va falloir compter sur nous-mêmes, pour mettre en échec la politique d’austérité renforcée qui s’annonce. Nous unir et conjuguer nos forces pour garder notre ville solidaire et accueillante, et faire vivre les projets qui permettent cela.