Le budget est voté : il n’y aura pas d’augmentation des impôts à Montreuil

Photo : Gilles Delbos

Photo : Gilles Delbos

Le Conseil Municipal de Montreuil s’est réuni lundi 16 février en séance extraordinaire et a procédé au vote du budget 2015 de la ville de Montreuil.

J’ai eu recours à une telle disposition parce que la situation est exceptionnelle. Pour la première fois, notre ville doit faire face à une situation inédite qui tient en sept mots : nos charges augmentent et nos ressources baissent ! La raison ? Pour répondre aux critères de Bruxelles et compenser en partie les 40 milliards d’euros de cadeaux fiscaux offerts au Medef, les communes de France ont vu leur dotation d’État amputée de 11 milliards d’euros d’ici à 2017. Hélas, ces largesses n’ont fait l’objet d’aucune contrepartie et leurs effets sont donc douteux. L’Unedic n’annonce-t-elle pas 105 000 chômeurs supplémentaires pour 2015 ?

11 milliards d’euros de moins pour les communes à l’échelle nationale, cela signifie pour notre ville de Montreuil une amputation de 12,5 millions d’euros d’ici à 2017. Pour notre budget 2015, ce coup de massue sera de 3,7 millions d’euros, auxquels il faut ajouter 600 000 euros de réductions diverses, ce qui nous fait une perte sèche de 4,3 millions d’euros.

Dans le même temps et sans avoir fait un seul centime de dépense supplémentaire, nos charges augmentent automatiquement du fait de l’accroissement du coût de la vie et des augmentations indiciaires. Toujours dans le même temps, des charges nouvelles nous ont été imposées. Je veux en citer une seule : « la charge des nouveaux rythmes scolaires ». Hors déduction des aides diverses, il nous en coûtera 2,5 millions d’euros en 2015.
4,3 millions d’euros supprimés, 2,5 millions d’euros de charges écolières supplémentaires : en deux chiffres et hors inflation, notre budget a perdu 6,8 millions. Du jamais vu ! Nous avons donc à faire face à une situation et une adversité financière qu’aucun de mes prédécesseurs n’a eu à affronter.
Se pose alors la question : que faire ? Première réponse possible : augmenter les impôts. Lors des mandatures précédentes, l’augmentation des impôts locaux, taxes foncières ou professionnelles fut un recours. Comme je l’ai indiqué par ailleurs, entre 2001 et mon élection à la responsabilité de maire, les impôts locaux ont été augmentés à quatre reprises.
J’ai décidé pour ma part de ne pas recourir à cette méthode pour compenser les manquements de l’État et la hausse des dépenses.
J’ai pris cette décision, car j’estime que l’état du budget des familles de Montreuil a suffisamment à souffrir de la stagnation des salaires et la cherté du coût de la vie pour ne pas aggraver votre situation financière personnelle ou familiale.

Ce refus d’augmenter les impôts et les économies, et les choix qui en découlent ont été soumis au vote des élus lors du conseil municipal extraordinaire du 16 février. Mais sachez que deux principes ont guidé notre travail et celui de tous les services municipaux :

1. Optimiser notre travail, en respectant la règle : un euro dépensé = un service socialement utile.

2. Dégager trois grandes priorités au travers de trois plans-avenir :
– le plan-avenir Éducation-Jeunesse
– le plan-avenir Espace public (cadre de vie, propreté, tranquillité…)
– le plan-avenir Sport.

Assurez l’équité, l’égalité entre tous les Montreuillois, offrir à chacun un cadre de développement et d’épanouissement, ces devoirs ont présidé chacune de nos propositions. Travailler au bien-vivre ensemble à Montreuil est plus que jamais notre leitmotiv.