La cordée du Président et ceux qui tressent la corde…

Notre président de la République est fortiche en matière de citations philosophiques – oubliant, hélas, de citer leurs auteurs. En revanche, il accuse une vraie faiblesse quand il produit des métaphores.
Dimanche dernier, lors de l’entretien télévisé qu’il a accordé à TF1 et LCI – deux chaînes privées appartenant au roi du béton français, le milliardaire Bouygues –, il a comparé la France à une cordée d’alpinistes dont les riches seraient en tête, tirant le peuple vers les sommets, nous signifiant sans le dire clairement que la richesse des premiers ferait le bonheur des suivants…

Si l’on veut bien admettre qu’une cordée indique que l’on est solidairement lié les uns aux autres et donc que tous montent ensemble, la France made in Macron répond-elle à ces critères ? Jugeons sur pièces.

D’un côté :
- Le Président s’apprête à baisser les pensions des retraités touchant plus de 1 400 euros en leur infligeant une augmentation de la CSG.
- Il prive aujourd’hui les locataires de 5 euros d’APL et pourrait faire passer cette baisse à 50 ou 60 euros.
- Il supprime 140 000 contrats aidés.
- Il réduit de 1,7 milliard d’euros le budget du logement.
- Il abaisse pour la première fois depuis cinq ans le budget de l’Éducation nationale.
- Il ampute de 13 milliards les ressources des communes et des collectivités locales, ces indispensables boucliers sociaux qui mettent un peu de justice sociale dans ce monde perclus d’inégalités…

« Dans le même temps » (expression fétiche du Président) qu’il ampute ces ressources directes et indirectes aux Français, Macron offre un bonus de 8 milliards d’euros aux plus riches.
- Il le fait en limitant les prélèvements sur le capital à 30 % contre 45 % auparavant (coût pour la nation : 4 milliards d’euros).
- Il le fait en imposant la suppression de l’impôt sur la fortune (coût du cadeau : encore 4 milliards d’euros).

Non, monsieur le Président, les faits sont têtus : votre politique n’a rien d’une cordée. Elle en est l’exact contraire.

Avec elle, les plus riches sont les gagnants. En revanche, ceux-là même qui ont fabriqué la corde pour leur permettre de monter sont les perdants.

Non seulement l’ascenseur social est en panne pour un grand nombre d’entre nous, mais parfois travailler ne suffit plus pour s’en sortir. 1,7 million de salariés sont ainsi reconnus comme travailleurs pauvres.
Et la nouvelle loi travail aggravera cette situation si elle est votée, car elle est celle du pot de terre contre le pot de fer patronal, et elle annonce une précarisation accrue du monde du travail.

Dans le monde macronien, une ville comme Montreuil, qui a choisi d’être le bouclier social évoqué plus haut, en est désormais empêchée par l’amputation des dotations grevant au final son budget de 23 millions d’euros.
L’accessibilité aux restaurants scolaires, aux HLM, aux centres de santé ou de loisirs (évoqués dans ce numéro) : tous ces choix de la majorité municipale corrigent des inégalités et permettent une vie plus décente à des dizaines de milliers de Montreuillois. Mais pas seulement.
En favorisant le sport – trois nouveaux espaces sportifs viennent d’être inaugurés –, la Ville apporte sa pierre au plaisir et à la bonne forme de chacun.
En permettant à la musique, au théâtre, bref, à la culture d’irriguer tous les quartiers de la ville, elle concourt à l’enrichissement de chacun. C’est tout cela qu’ensemble nous devons préserver, car c’est aussi le ciment positif de notre communauté.

Le nouveau cinéma Le Méliès en est le bel exemple. Il est à l’honneur dans ce numéro.
Depuis son inauguration en septembre 2015, 600 000 spectateurs y ont partagé le meilleur du cinéma sélectionné par notre super cordée cinéphile conduite par notre ami Stéphane Goudet.
Dans un passé récent, le devenir du Méliès a été une pierre d’achoppement et même de discorde. La vie a été le juge de paix des choix qui ont été faits. Désormais, Le Méliès fait l’unanimité et c’est, à mes yeux, le plus important. Que cette belle réussite guidée par notre seule volonté de mettre chaque Montreuillois au cœur de nos choix municipaux nous serve d’exemple dans la conduite des affaires de notre commune. Les Montreuillois le méritent et le réclament.