Hommage à Dominique ADENOT prononcé lors de la cérémonie du samedi 14 avril 2018 à Champigny-sur-Marne

Quelle est la mesure d’une vie humaine ? Quel est le courage essentiel ? Quelle est la force qui traverse les âges, les civilisations et les siècles ?

Le don. C’est la seule force. Le don. C’est à cela que l’on reconnaît celui qui a fait son métier d’homme. Le don. Cet acte par lequel le courage devient amour. Le don, qui est la mesure de la grandeur ordinaire, quotidienne, de la grandeur simple d’une vie humaine.

Alors, Dominique Adenot a fait son métier d’homme. Il était un homme. Un homme simple. Un homme bon. Un homme courageux. Un homme.

Et les plus anciens, les plus sages de cette assemblée, savent que ceux qui font leur métier d’homme ne sont pas extraordinaires. Certains peuvent le penser. Ce n’est pas vrai.

Les hommes extraordinaires sont des hommes ordinaires qui, chaque jour, chaque jour, à chaque fois que le soleil se lève tentent d’être là pour nous toutes et tous, pour la famille, pour la commune, pour les amis, pour le parti, pour le pays, pour l’Humanité. Et chaque matin ils font cet effort-là.

Alors, Dominique Adenot ne mérite que des mots simples. Il ne mérite pas de grands mots. Il ne mérite pas l’exagération. Il mérite notre amitié, notre amour dans leur simplicité, dans leur sincérité, dans leur vérité.

Habitantes et habitants de Champigny, il vous aimait. Applaudissez-le ! Applaudissez votre Maire ! Applaudissez celui qui chaque jour, chaque soir, chaque matin a pensé à vous. Et n’en doutez pas une seconde : durant ces 14 ans, il a pensé à vous chacun des 5110 jours de son mandat de Maire. Car il était un vrai Maire, un Maire bon, un Maire attentif, un Maire passionné.

Citoyens, Amis, Camarades, les égarés parfois moquent les caractères doux et respectueux. Ecoutez Dominique Adenot vous parler. Disponible, à l’écoute, attentif, toujours prêt à reconsidérer ses propres points de vue, parlant avec gentillesse, réserve.. avec pudeur aussi…

Pour certains, cela peut s’apparenter à une faiblesse de caractère. Dominique savait au contraire transformer la douceur en grande force, car il savait que la brutalité est la voie de la faiblesse.

Regardez-le avec sa bonhomie, son humour et son intégrité – en politique comme en amitié –, regardez-le convaincre les plus sceptiques, passer du temps et encore du temps pour réconcilier les irréconciliables, sans pour autant jamais verser dans aucune compromission.

Éprouvez cette force fondamentale, inscrite au plus profond de lui-même. Cette force qui allait aux plus faibles d’entre nous, à la classe ouvrière, à celles et ceux qui ne sont pas nés avec une cuillère d’argent dans la bouche et qui ont droit à une vie digne et bonne. Il était de notre côté. Du côté de la multitude humaine.

Il y a quelques jours, j’appelai Dominique et lui laissai un petit message. Il me répondit qu’il sortait d’une grosse opération et qu’il espérait voir le printemps… en profiter encore un peu.

Après son long hiver, dans la douleur de la lutte, il exprimait encore son désir de vivre, encore et encore, de voir la vie éclore dans la douce chaleur qui s’avance.

Cette force, ce désir de voir une journée de plus, cette force c’est l’espoir, c’est le combat, le choix de l’homme simple qui était le moteur de la vie de Dominique. Et finalement la vie ne l’aura quitté qu’un instant.

A cette tribune, je parle pour dire l’hommage respectueux, fraternel, reconnaissant de l’Association des élus communistes et républicains.

Je m’incline avec respect, humilité, devant votre Maire, devant notre ancien Président, devant votre mari, votre père, devant notre Camarade.

Parents, lorsque plus tard avec vos enfants vous vous souviendrez de son nom, dites à vos enfants ce que c’est qu’un homme vrai, dites-leur de défendre la justice, dites-leur que c’est debouts et fiers que vivent les êtres humains. Dites ce secret : j’ai connu un homme. Dites-leur que vous avez croisé un homme debout.

Adieu Dominique,

Adieu Cher compagnon d’humanité,

Adieu toi et ta bouille pleine de barbe,

Adieu fils des hommes debout.