Décès de Léon Zyguel : Montreuil perd un ami, une âme, une conscience.

Photo : Patrick Nussbaum

Photo : Patrick Nussbaum

C’est avec une peine immense que je viens d’apprendre la disparition de Léon Zyguel, figure emblématique de Montreuil, homme de dialogue et de paix, militant infatigable de la justice, de la fraternité et de la dignité pour tous les êtres humains.

La ville de Montreuil perd un ami, une âme, une conscience.

Arrêté en juillet 1942 par la gendarmerie allemande à quelques kilomètres de la ligne de démarcation, il est envoyé avec sa mère et quatre de ses frères et sœurs à la prison d’Orthez avant d’être remis quelques semaines plus tard à la gendarmerie française.

Il connaîtra le camp de Mérignac avant d’être transféré à Drancy, puis Pithiviers, Auschwitz et Buchenwald où il intègrera le réseau de résistance du camp et participera à sa libération à l’approche des troupes alliées.

Installé avec son épouse depuis 50 ans rue Désirée Préau, Léon Zyguel, militant communiste, anticolonialiste et ardent pacifiste n’aura eu de cesse de témoigner de ce que fût, l’enfer concentrationnaire et l’abomination nazie et de participer ainsi, à Montreuil, à Paris et ailleurs, à l’éveil des consciences et à l’édification d’un monde meilleur.

Artisan infatigable du travail de mémoire, Léon Zyguel, Président de la section de Montreuil de la FNDIRP, président du Foyer des Anciens combattants de Montreuil, Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur a, au fil des années, marqué des générations de Montreuillois par son humanité, sa personnalité généreuse, sincère et passionnée.

Fidèle à la mémoire de ceux, famille, amis et camarades qui ne sont jamais revenus des camps et fidèle au serment prêté le 19 avril 1945 sur la place d’appel du camp de Buchenwald, Léon Zyguel aura œuvré, sans relâche, à l’édification d’un « monde nouveau dans la paix et la liberté ».

Dans les théâtres, dans les écoles, les lycées, les collèges, au cinéma Le Méliès, lors des commémorations qui lui tenaient tant à cœur, Léon Zyguel aura passé sa vie à partager et à transmettre son histoire et ses valeurs, pour construire une société plus juste, enfin débarrassée de l’antisémitisme et du racisme.

Interprète de son propre rôle dans le film de Marie-Castille Mention-Schaar « Les Héritiers », il sera resté, jusqu’à sa mort, un passeur de mémoire, un artisan de l’éveil des consciences.

Léon Zyguel devait ainsi rencontrer prochainement les collégiens Montreuillois qui préparent le concours national sur la Résistance et la Déportation et qui, comme les élèves du film, feront le voyage de mémoire à Auschwitz en mars prochain.

Une séance de projection du film était prévue le 5 février au Méliès en sa présence.

Je veux, aujourd’hui, en ce moment de profonde douleur, rendre hommage à son action et dire à sa femme Arlette, à ses enfants, à sa famille, à ses camarades et à ses proches toute la solidarité de la ville de Montreuil dans cette terrible épreuve.

La Ville lui rendra prochainement un hommage solennel.


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