Conseil municipal du 30 novembre 2016

Mesdames, Messieurs les conseillers municipaux,

Chères Montreuilloises, chers Montreuillois,

Les parents de l’école maternelle Louis Aragon respirent…

Les parents respirent… depuis le 14 novembre, date à laquelle La Procureure de la République de Bobigny a annoncé je cite « qu’après un examen minutieux des éléments recueillis par les enquêteurs [elle décidait] de classer sans suite cette affaire, considérant qu’aucun élément du dossier ne permet de conclure à l’existence d’une infraction pénale ».

C’est pour nous tous un grand soulagement.

Je vous rappelle brièvement les faits.

En août dernier, des plaintes avaient été déposées à partir de soupçons d’agressions dans cet établissement.

La Ville de Montreuil avait été sollicitée par la Brigade des mineurs et les autorités judiciaires pour mettre à la disposition des enquêteurs tout élément susceptible de faire avancer rapidement l’enquête. Nous avions immédiatement répondu à ces demandes.

Dans le même temps, dans le respect de la loi et sans publicité, nous avons pris toutes les mesures conservatoires nécessaires.

J’ai dit que nous avons procédé sans publicité manifeste, car, vous le savez, ces situations sont terriblement angoissantes et traumatisantes pour toutes et celles et tous ceux qui, de près ou de loin, sont concernés.

La seule attitude correcte consiste à exiger fermement et sereinement que la justice fasse son travail et l’aider en cela … C’est ce que nous avons fait.

Mais là où la prudence et une forme de réserve responsable s’imposent et alors que la justice enquêtait, des esprits malsains et malveillants ont immédiatement fait courir une rumeur à l’encontre de certains agents municipaux déclenchant des réactions d’hostilité.

Cette rumeur a eu les effets escomptés. Elle a accru le trouble de parents déjà inquiets. Elle a créé un climat de suspicion généralisée et occasionné des réactions agressives à l’égard des individus comme des institutions.

Vous le savez, une rumeur se répand comme du venin.

Et la rumeur d’Aragon s’est répandue déstabilisant les consciences jusqu’à ce que la Justice fasse enfin la vérité.

Que cela soit dit et redit. La rumeur d’Aragon relève de la manipulation la plus outrancière. Elle rappelle, malheureusement, des procédés déjà mis en œuvre en juin dernier à propos, cette fois, de l’école Jules Ferry.

Bien que là-aussi la Justice ait démontré qu’il n’y avait eu aucune agression sur enfant, une campagne indécente, diffamatoire et violente – manifestations et pétitions à l’appui – a été orchestrée contre les agents de l’Education Nationale, contre ceux de l’administration communale et contre les élus.

Une certaine presse nationale et des réseaux, ont cru bon entretenir, en les relayant, ces allégations nourrissant l’inquiétude légitime des parents.

Ces faits d’une extrême gravité ont conduit la municipalité de Montreuil à porter plainte contre les auteurs de ces fausses accusations qui ont désigné au-delà des institutions, des femmes et des hommes, marqués à jamais par ces calomnies.

Le dénouement positif de l’enquête à l’Ecole Louis Aragon et auparavant celle qui fût conduite à la maternelle Jules Ferry ont, l’une et l’autre, démontré l’intégrité absolue des personnels concernés.

Mais ces fausses affaires doivent interroger tous les Montreuillois… et nous mêmes ici… sur les esprits malfaisants qui alimentent directement et indirectement ces rumeurs créant un trouble profond et compréhensible chez certains parents et dans une partie de notre population.

Pourquoi salissent-ils ainsi notre ville et ceux qui la font vivre ? Quels sont leurs objectifs ?

Au rang de ceux qu’il convient d’appeler les « organisateurs de la rumeur », on trouve une association Unité Dignité Courage, l’UDC. Le sigle est l’exact opposé de ce qu’ils font concrètement : division, indignité, veulerie / calomnie.

Cette organisation aux contours troubles a été particulièrement virulente et même violente dans le cadre de l’ « affaire Jules Ferry » accusant injustement des personnels et déclarant que les institutions couvraientdes faits monstrueux.

Ce mouvement opaque a été jusqu’à organiser des manifestations devant notre maison commune entraînant dans son sillage des groupuscules hostiles a priori et hélas des personnes trompées et abusées… comme cette ancienne enseignante qui déclarait dans le Parisien a une des organisations affichant des propos scandaleux, je la cite : «  Et dire que j’ai failli vous croire »

Mais la justice ayant fait son travail, la vérité ayant été faite… les promoteurs de ces insanités se sont éclipsés, disparaissant de la circulation.

Mais leur tâche était accomplie, le mal était fait …Ou presque … car je veux souligner le sens des responsabilités et le courage qui ont animé les organisations de parents d’élèves et des syndicats d’enseignants qui ont su faire front.

Assisterons-nous au même scénario dans le cas de la rumeur de l’école Aragon?

Ce que nous constatons déjà, c’est que des pseudo associations dont certaines sont liées à l’extrême droite la plus radicale sont à la manœuvre.

C’est le cas de « Wanted pedo » dont le président et un vice président ont eu maille à partir avec la Justice pour des faits de droit commun où il serait question d’escroquerie, de stupéfiants et de violences.

Ces structures continuent à inoculer le mensonge, la haine et la division.

Ces faits appellent notre vigilance.

Lors d’un de nos conseils municipaux où nous avions abordé l’ « affaire Jules Ferry », j’avais exprimé le soulagement de notre Conseil à la suite de la décision prise de classement sans suite.

A cette occasion, j’avais déjà effectué une mise en garde contre la rumeur ignoble que des esprits mal intentionnés faisaient courir.

J’avais rappelé les affaires « d’Outreau » ou « Dominique Baudis », leurs conséquences tragiques sur la vie des femmes et des hommes auxquels les noms avaient été mêlés.

J’avais demandé à tous les élus de notre conseil qu’ils fassent en sorte que la raison l’emporte face à l’irrationalité de la rumeur.

L’affaire Aragon nous a hélas révélé que nous n’avions pas été totalement entendu, qu’une voix a relayé celles des imposteurs.

Mesdames messieurs nous savons les uns et les autres qu’aucune collectivité éducative n’est à l’abri du mal.

Cela appelle notre vigilance absolue et un sens exceptionnel des responsabilités. Les manquements ne souffriront d’aucune indulgence de ma part.

Enfin… et ce sera ma conclusion sur ce chapitre douloureux même si l’issue des affaires est positive,… je serai impitoyable face à tout acte mettant de quelque façon que ce soit, en péril les enfants de Montreuil, leur intégrité physique ou morale.

J’ai eu plusieurs fois l’occasion de le rappeler. L’école et les lieux d’accueil de nos enfants doivent être des sanctuaires, des lieux sacrés, des lieux qui les protègent, ils le seront.

Notre ville avance même si certains aimeraient faire croire aux Montreuillois que rien ne bouge.

Vous avez pu le lire dans la presse. Nous avons eu ces dernières semaines de très bonnes nouvelles dans un domaine où la ville accuse un grand retard, je veux parler des transports en commun.

Ces bonnes nouvelles confirment que la ville est inscrite, désormais, dans une dynamique de développement qui permettra, à tous les Montreuillois, à horizon dix ans, d’être connectés à l’ensemble de la métropole du Grand Paris et de son réseau de transport et ce où qu’ils se trouvent dans notre ville.

Le 19 octobre dernier, la commission du STIF à laquelle je représentais la ville, a validé le futur tracé du prolongement de la ligne 1 du métro.

C’est l’aboutissement d’une longue démarche et d’une concertation à laquelle des centaines de Montreuillois ont participé.

Rien n’était gagné. Jusqu’au bout, deux tracés se faisaient concurrence pour le prolongement de la ligne.

Nous avions, tout au long des études préalables, avec les élus, avec les associations d’usagers des transports, affirmé très fort que ce métro devait impérativement passer par Montreuil, avec une station à Bel Air Grands Pêchers.

Seule cette mobilisation politique et citoyenne a permis d’orienter la décision du STIF en faveur du projet montreuillois.

C’est un grand soulagement pour nous tous. C’est surtout une grande victoire pour les habitants du quartier qui pâtissent aujourd’hui d’un véritable enclavement et qui vont avoir, demain, une station de métro au coeur de leur quartier.

La Gare de Lyon à 15 minutes à peine de la rue Robert Legros, c’est une vraie révolution qui va reconnecter Montreuil, au-delà de la seule métropole, à la France entière !

Grâce à la mobilisation de tous, la commission du STIF et les élus réunis, ont reconnu les nombreux atouts du quartier. Leur décision vient couronner de la meilleure des façons le travail de rénovation urbaine mené depuis plus de 10 ans.

Cette décision reconnaît aussi les besoins particuliers des habitants du quartier qui subissent, pour beaucoup d’entre eux, la double peine ; celle de la relégation sociale et spatiale.

Il fallait que Justice leur soit rendue. C’est désormais chose faite.

Même si les premiers travaux ne débuteront probablement pas avant la prochaine décennie, c’est maintenant une perspective très positive qui se dessine pour le quartier et que nous accompagnerons, pas à pas avec les habitants.

Évidemment, après cette décision positive du STIF, il ne s’agit pas de baisser les bras. Il reste encore beaucoup de travail et c’est une nouvelle bataille qui doit s’engager. Celle du financement des travaux et de leur inscription dans le contrat de projet Etat-Région en cours de révision au Conseil régional.

Là encore, nous aurons besoin de toutes les énergies pour mettre suffisamment de pression sur nos partenaires pour que, dès 2018, les premières études soient engagées.

Après 10 ans de travaux et 120 millions d’euros d’investissements publics, je veux assurer les 8 500 habitants du quartier – Montreuillois et Fontenaysiens – de mon engagement total à faire aboutir ce très beau projet dans les délais les plus brefs possibles.

A Montreuil, nous avons trop longtemps été exclus des schémas de développement des transports en commun d’Ile-de-France.

Chacun le sait, cela va faire 90 ans que la Ligne 9 n’a pas bougé d’un centimètre vers l’Est alors que la ville a gagné plus de 40 000 habitants et que 4 millions d’usagers l’utilisent chaque jour.

C’est une injustice qui est faite non seulement aux Montreuillois mais également à tous les habitants et salariés du secteur qu’ils soient Noiséens ou Bagnoletais.

C’est une injustice pour notre commune qui a vu son développement et la qualité de vie de ses habitants freinés au profit du développement, de la modernisation et de l’amélioration des transports de l’Ouest de l’Ile-de-France et des tronçons parisiens.

Combien de temps – Madame LAPORTE – faudra-t-il encore que les Montreuillois attendent de la Région et de madame Pécresse, le déblocage des financements du T1 ?

Plus qu’une injustice, cette ségrégation spatiale, est le résultat de choix politiques dont il nous faut, désormais, renverser la logique et nous débarrasser.

L’Est parisien, c’est là que se joue le futur de la métropole et que se trouvent les réserves de forces vives qui la construisent aujourd’hui et la feront vivre et rayonner demain.

C’est dans nos villes qu’on invente, qu’on crée et qu’on produit. L’énergie elle est chez nous, pas dans les ghettos pavillonnaires de la banlieue du Vésinet ou d’Orsay.

Mais sans transports en commun à la hauteur de nos besoins, il n’y aura pas de développement de long terme possible pour nos TPE, pour nos start-up, pour nos artisans ou pour nos commerçants.

A nous de faire entendre leur voix.

A nous de mener les combats nécessaires pour convaincre et obtenir de l’Etat, de la Région, de la RATP et de tous les partenaires qu’ils considèrent Montreuil comme LA priorité des dix prochaines années.

Vous le savez, concernant la ligne 9, une première pierre – très importante – a été posée le 22 novembre dernier, ici même à l’Hôtel de Ville de Montreuil.

Mardi en huit, la ville de Paris représentée par Christophe NAJDOVSKI, adjoint de la maire délégué aux transports, la maire du 20 ème arrondissement – Frédérique CALANDRA -, le maire des Lilas – Daniel GUIRAULT – , le maire de Rosny-sous-Bois – Claude CAPILLON, les adjoints des villes de Noisy-le-Sec, Bagnolet, Fontenay-sous-Bois et Saint-Mandé, les vice- présidents du Conseil Départemental de la Seine-Saint-Denis et du Territoire d’Est Ensemble… tous sont venus dire avec nous, que le prolongement de la ligne 9 n’était pas qu’une affaire montreuilloise.

En présence de nos amis des associations d’usagers des transports en commun, l’ADUTEC et l’AMUTC, les élus – toutes tendances politiques confondues – ont officiellement lancé la bataille de conviction et d’argumentation pour le prolongement de la ligne 9 jusqu’à notre hôpital intercommunal.

L’objectif, dans un premier temps, sera d’obtenir le lancement des études nécessaires à ce prolongement et d’aller défendre auprès de toutes les institutions ce dossier prioritaire pour les Montreuillois.

Nous savons que dans le domaine des transports, les seuls combats perdus d’avance sont ceux qu’on ne mène pas.

Nous avons un bel exemple de mobilisation réussie avec le prolongement de la ligne 11 jusqu’à Rosny-Bois-Perrier.

Près de 15 années de luttes, de lobbying et d’argumentation auront été nécessaires pour obtenir les financements de ce prolongement.

Au début, en 2003, peu nombreux sans doute, étaient ceux qui croyaient aux chances de réussite d’un tel projet.

Aujourd’hui, c’est-à-dire le 10 décembre prochain, tous les pessimistes, tous les oiseaux de mauvais augure, tous ceux qui ont entretenu jusqu’au bout et sciemment le doute sur nos chances d’obtenir un jour ce tronçon indispensable vont être démentis  !

Samedi 10 décembre 2016 – 87 ans tout juste après que le prolongement de la ligne ait été déclaré d’utilité publique – tous les Montreuillois sont invités à l’inauguration de ces travaux qui marquent le début d’un chantier majeur qui se prolongera jusqu’en 2022.

Six ans, cela peut paraître long. Ça l’est en effet, mais on n’améliore pas le quotidien de plus de 80 000 habitants répartis le long des 5,4 kilomètres de voies nouvelles sans des travaux d’ampleur.

Nous sommes et serons d’ailleurs particulièrement vigilants à ce que l’impact du chantier soit compatible avec la vie du quartier et ne bouleverse pas la vie quotidienne de ses habitants.

Sur la ligne une, sur le T1, sur la ligne 9… les batailles à mener sont encore nombreuses mais, sur chacun de ces sujets, des étapes importantes ont été franchies récemment et je voudrais remercier, ce soir, toutes celles et ceux qui nous ont permis de remporter ces premières victoires pour Montreuil.

Grâce à la mobilisation collective, Montreuil vous le voyez, avance sur les grands dossiers stratégiques, comme les transports, mais également sur beaucoup d’autres sujets qui, s’ils ne mobilisent pas des fonds aussi importants que ceux nécessaires à la construction d’un métro, impactent eux-aussi profondément le quotidien des Montreuillois et doivent être anticipés avec le même soin, le même souci de l’intérêt général que des projets aussi structurants que les transports en commun.

Chacun peut le constater. Il y a, depuis plusieurs semaines des pannes d’éclairage très importantes dans notre ville. C’est une situation inacceptable.

C’est le résultat d’une absence totale d’investissement depuis 20 ans qui conduit à ce qu’aujourd’hui, notre ville – pourtant en pointe dans de nombreux domaines – accuse un retard en la matière bien supérieur à la moyenne des villes de même taille.

C’est inadmissible.

Au-delà des équipes et des crédits supplémentaires que nous avons mobilisés en urgence pour répondre immédiatement aux difficultés du moment et rétablir un éclairage normal dans chacune de nos rues, j’ai demandé aux services de la ville de travailler un nouveau marché de performance énergétique qui me permette, dès le mois de janvier prochain, de présenter un plan lumière, qui non seulement rattrape le retard accumulé depuis 20 ans mais positionne Montreuil, aux côtés de Lyon ou de Paris comme l’une des villes françaises de référence en matière d’éclairage public.

 L’espace public est notre patrimoine commun. Il nous faut l’apprécier, l’entretenir et imaginer constamment ce que nous pouvons – collectivement – en faire pour le faire vivre, l’animer, que chacun en apprécie les bienfaits et le traite avec respect, comme s’il s’agissait de son bien propre.

La réussite du marché de Noël le week-end dernier, est un bel exemple de ce que nous pouvons faire pour faire vivre différemment nos rues et notre espace public.

Là encore, pendant trop longtemps, il a été considéré que chacun pouvait faire du territoire de la commune, à peu près ce qu’il voulait au détriment d’une réflexion positive et créatrice autour de ces espaces que nous partageons tous les uns avec les autres.

Je pense bien sûr à la propreté et à ces entreprises de toute la région parisienne qui – faute de répression adaptée – avaient fini par considérer Montreuil comme une alternative pratique et peu coûteuse à la déchetterie et qui, depuis la mise en place de la brigade propreté l’année dernière et ses centaines de verbalisation réfléchissent maintenant à deux fois avant de déposer des sacs de gravats sur nos trottoirs. Nous ne lâcherons pas prise, à juste titre les montreuillois nous encouragent à la plus grande fermeté.

Je pense aussi aux marchés de la ville qui, faute d’attention suffisante se sont développés de façon trop anarchique au détriment de la clientèle montreuilloise, des riverains et souvent au détriment des commerçants eux-mêmes et de leur chiffre d’affaire.

Là-aussi, nos réponses au besoin d’ordre et aux besoins d’investissement que toutes les parties expriment ne peuvent plus être différées.

Si nous voulons conserver un avenir à nos marchés, si nous voulons garantir aux commerçants qui les font vivre une attractivité et une clientèle suffisante, il faut assainir leur fonctionnement et rétablir des règles qui garantissent l’égalité de traitement entre tous et permettent à tous les Montreuillois d’y trouver tous les produits dont ils ont besoin.

Je pense, enfin, à notre voirie communale dont chacun reconnaît l’état parfois trop dégradé.

En 2015 et 2016, des budgets extrêmement importants ont été mobilisés pour sa réfection et sa réhabilitation. Je peux vous dire, d’ores et déjà, que l’effort ne s’arrêtera pas en 2017. Il se prolongera tous les ans jusqu’à ce que plus aucune rue de notre ville ne connaisse des dysfonctionnements du type de ceux que nous continuons de subir actuellement.

Notre ville, chacun en a conscience, est, depuis plus de 20 ans, en plein développement.

 Ce développement doit se poursuivre, guidé par une boussole unique. Celle de l’intérêt des Montreuillois.

Par le passé, trop d’argent a été mis dans des projets coûteux que les finances de la collectivité ne permettaient pas réellement d’assumer sans, en plus, que le service rendu soit à la hauteur des besoins et des attentes de nos concitoyens.

Des millions d’euros ont ainsi été investis – engloutis pourrait-on dire- dans des bâtiments neufs, des projets innovants et fastueux dont les dérapages financiers sont connus de chacun d’entre nous.

Je souhaite que nous revenions à la raison de ce point de vue là.

Plus de rigueur, plus de simplicité, plus de sobriété pour les « grands projets » avec un seul objectif, celui de dégager les marges nécessaires au bon entretien de notre patrimoine actuel.

Ces dernières semaines, vous avez pu voir cet objectif se concrétiser. C’est le résultat du choix fait il y a deux ans par notre majorité d’inscrire la rénovation du patrimoine sportif de la ville parmi les trois plans prioritaires du budget communal.

Avec la reconstruction du gymnase  Diderot, la livraison du nouveau dojo, l’inauguration des nouveaux terrains de foot et de rugby à Barran et à Legros, la livraison d’un équipement de street work out financé par le Territoire Est Ensemble au parc Montreau, ce sont plusieurs centaines de milliers d’euros qui ont été investis pour remettre à niveau nos équipements municipaux et recréer des conditions adaptées pour une pratique sportive de qualité dans notre ville.

Malgré tous nos efforts, les baisses de dotations de l’Etat sont telles que la ville n’a plus les moyens de porter seule ces investissements.

Du coup, pour chacun de ces projets nous avons relancé des partenariats financiers qui étaient restés jusque là en sommeil avec le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, avec la Région, avec le territoire Est Ensemble, avec la Métropole (dont nous venons d’obtenir 300 000 euros de subventions pour les Murs-à-pêches)… bref avec tous ceux qui sont en mesure de nous accompagner et de nous aider dans notre volonté de redonner à notre ville des lieux de vie, des équipements et des espaces publics à la hauteur de ses besoins et de nos ambitions.

Sur ces sujets comme sur les autres, nous travaillons de façon méthodique et responsable ; laissant aux esprits chagrins la polémique, l’agitation, la médisance et le bavardage qui ont, par le passé, causé tant de mal à notre ville.

Certains font de la critique, des postures et de la calomnie leur fonds de commerce politique.

Ce n’est pas ma vision du rôle de l’élu ou du militantisme et j’invite ceux – des élus – qui, dans les dernières semaines, notamment sur les réseaux sociaux, se laissent aller à des propos, des insinuations malveillantes ou carrément mensongères à revenir à plus d’honnêteté, plus de sincérité et de tenue dans leurs comportements.

Ces dernières semaines, une autre situation difficile a fait l’objet d’instrumentalisations de toutes sortes.

Je veux parler des familles qui se trouvaient sur la place Jean Jaurès.

Je ne veux pas revenir, ce soir, sur l’historique de ce dossier qui remonte à plus de six ans, mais simplement rappeler à ceux qui feignent de l’ignorer, les responsabilités de chacun et celles de l’Etat en particulier à qui il revenait l’obligation de proposer des solutions d’hébergement d’urgence à ces familles.

Par deux fois, le 14 septembre et le 23 novembre, l’Etat, en coopération avec les services de la ville et le comité de soutien, a rempli son rôle.

Aujourd’hui, les familles sont à l’abri et entament le parcours d’insertion sociale qu’elles avaient jusqu’à présent, toujours refusé.

C’est l’aboutissement d’une démarche solidaire, d’accompagnement et de conviction.

C’est une « sortie de crise » par le haut qui n’a été rendue possible qu’en raison d’une forte mobilisation de tous les acteurs – celle des services sociaux de la ville en particulier – et d’un partage clair et assumé des différentes responsabilités.

Montreuil est une ville des solidarités et doit le rester. Mais cette solidarité pour se perpétuer et pour être efficace doit être partagée.

Cet équilibre, cette répartition équitable des efforts entre tous les acteurs, seul l’Etat – garant de la cohésion sociale et de l’égalité entre les territoires – est à même de l’organiser.

Nous sommes hélas, encore loin du compte.

Sur le logement notamment.

Depuis des années la loi SRU, relative à la solidarité et au renouvellement urbain, n’est pas respectée et l’Etat laisse des villes s’exonérer en toute impunité ou presque des 20 % de logements sociaux pourtant obligatoires.

Dans le même temps, le législateur, par le biais de la loi de finances 2016, avait décidé de faire porter sur les collectivités locales la compensation des exonérations de Taxe Foncier sur le Patrimoine Bâti sur les logements sociaux.

Ces allègements qui avaient été accordés par l’Etat aux organismes HLM reposent sur les villes et pèsent lourdement sur leurs budgets.

Un amendement a été introduit dans la loi de finances 2017 permettant aux villes de supprimer cette éxonération. Ca n’était pas la réponse attendue et très concrètement, comme le souligne l’Union sociale pour l’Habitat, la suppression de l’exonération de TFPB pour les organismes HLM fait peser une menace directe sur la construction de 50 000 logements sociaux par an.

Pour Montreuil, cette exonération représente près de 750 000 euros en moins dans notre budget qui devrait être compensé par l’Etat.

De cette façon, une ville comme Le Raincy avec ses 6% de logements sociaux sur son territoire règle royalement 250 000 euros d’amendes en contrevenant sciemment à la loi SRU, tandis qu’une ville comme Montreuil avec ses 37% de logements sociaux doit payer près du triple !

Etrange façon, chacun en conviendra, d’organiser la solidarité territoriale.

Etrange façon également, de faire peser toujours davantage sur les collectivités locales l’effort financier d’un prétendu « redressement des comptes publics » et d’organiser en parallèle l’assèchement budgétaire de ces mêmes collectivités.

Entre la prise en charge de l’exonération de la TFPB (-750 000 euros pour la ville) et celle de l’exonération de la demie part des veuves (-900 000 euros pour la ville), l’Etat, ni plus ni moins annule tous les effets de la réduction, annoncée en juin dernier par le Président de la République, de la baisse des dotations de l’Etat.

En clair, ce que l’Etat nous a donné d’une main en juin dernier – et qui était déjà quelque chose qu’il nous avait pris – il nous le reprend de l’autre.

Honnêteté et vertu bien ordonnées commencent par soi même pourrait dire le dicton.

Il aurait été souhaitable que l’Etat fasse preuve d’autant d’efforts dans la gestion et la préparation de son budget que ceux que nous avons faits cette année à Montreuil pour garantir l’équilibre – obligatoire je le rappelle – de notre budget communal.

De ce point de vue, et je voudrais en terminer par là, je voudrais féliciter l’ensemble des services de la ville pour leur respect scrupuleux du cadrage et des orientations budgétaires que nous avons définies en avril dernier et qui nous permettent aujourd’hui de présenter une décision modificative de fin d’année qui, pour la première fois depuis des décennies à Montreuil, ne comptera aucune dépense nouvelle, tant sur les charges de gestion courantes que sur la masse salariale.

C’est la preuve d’une gestion plus saine, plus sérieuse de nos finances. C’est aussi une très bonne nouvelle pour le budget de notre ville et donc une très bonne nouvelle pour tous les Montreuillois qui nous renforce dans notre choix de tout faire pour ne pas augmenter les impôts locaux.

Je vous remercie.