Conseil Municipal du 3 février 2016

Bonsoir et d’abord une bonne nouvelle : notre nouveau cinéma le Méliès a accueilli sa 100 000 e spectatrice. Elle s’appelle Soukaïna Quabbal et vous découvrirez son visage demain dans notre journal municipal le Montreuillois.

Ce 3 février 2016, si l’on parle de notre cinéma le Méliès c’est pour célébrer son succès populaire. Nous avons tourné la page des difficultés, nous avons réglé le problème sans blesser personne et redonner à notre cinéma son sens et sa finalité, celle de promouvoir un cinéma de qualité et populaire.

Le Méliès illustre et symbolise notre politique: régler les problèmes sans oeuillères partisanes, dans l’intérêt des Montreuillois.

Certains enragent mais c’est ainsi et nous continuerons dans cette voie qui est désormais tracée.

Nous avons été élus, il y a maintenant deux ans. Elus démocratiquement sur un projet, unir pour faire face, travailler avec détermination.

Pour cela nous nous sommes rassemblés et, depuis deux ans maintenant, nous avançons ensemble, pour répondre aux problèmes prioritaires aux besoins des Montreuillois, de tous ceux qui vivent dans notre ville, de tous ceux qui y travaillent et offrir à chacun un bon avenir.

La majorité est diverse. Chacun le sait. Elle est à l’image de la gauche et des différents courants qui depuis plus d’un siècle la traversent. Ici à Montreuil, elle s’est réunie. Oui, et cela pour la première fois depuis longtemps dans notre ville, une gauche qui se respecte, qui avance, qui agit et qui fait la preuve de son utilité. Et je suis heureux d’avoir concouru à son rassemblement.

Ce rassemblement qui se construit et survit à toutes les Cassandres dérange. Il fait l’objet d’attaques, de dénigrements incessants. Les tentatives de l’affaiblir sont multiples. Elles sont l’oeuvre de ceux qui s’agitent au lieu d’agir et réduisent le débat public à de vaines gesticulations. Elles sont l’oeuvre de ceux qui tentent en vain de nous ramener aux confrontations stériles du passé.

Les Montreuillois ont, à plusieurs reprises, ces deux dernières années, validé dans les urnes leur soutien à cette gauche rassemblée, mettant en échec ceux qui tentaient de la diviser, de diviser, à des fins partisanes, Montreuil et ses forces de progrès.

Le message des urnes est sans ambiguïté et parfaitement justifié.

Face aux difficultés du pays, face aux problèmes que nous rencontrons, les querelles qui ont trop longtemps empoisonné la vie montreuilloise n’ont plus cours.

Et je me félicite pour Montreuil que face à une nouvelle campagne de dénigrement et de mensonges reprenant l’air du « tous pourris », notre majorité rassemblée ait réaffirmé sa solidarité et sa mobilisation au service de la commune.

Notre majorité est notamment rassemblée pour redresser notre Office HLM et faire face, avec responsabilité et méthode, aux difficultés inédites auxquelles le budget de la ville est confronté, pour donner un avenir positif à cette ville, à celles et ceux qui y vivent.

L’énergie des élus doit être toute entière consacrée au travail et à la recherche active de solutions.

Nous le faisons non pas les yeux rivés sur les gestions passées, mais le regard tourné vers l’avenir car là est l’intérêt des locataires et de tous les Montreuillois.

Mesdames, Messieurs les élus,

L’Inspection Générale des Finances nous a fait parvenir le 18 janvier, le rapport définitif de la mission de contrôle et de vérification qu’elle a conduite à l’OPHM au cours du premier trimestre 2015.

Dans un souci de transparence, comme je l’avais fait lors du Conseil Municipal du 25 juin 2015 avec la présentation des conclusions provisoires de ce rapport, je souhaite faire état cette fois-ci des conclusions définitives de l’IGF et cela avec deux objectifs :

  • Premièrement, permettre à chacun de prendre la juste mesure de la très forte dégradation qu’a subi notre Office Public de l’Habitat pendant la période 2009-2013, à travers tous ses indicateurs, du fait d’une gestion flirtant avec l’irresponsabilité.
  • Deuxièmement, tracer les voies du redressement sur lesquelles nous sommes engagés afin de retrouver à travers l’OPHM une véritable capacité d’intervention publique en faveur de celles et ceux, très nombreux, pour qui le logement social est la seule voie possible pour se loger correctement à un prix abordable.

Que nous confirme ce rapport de l’IGF qui a été communiqué à l’ensemble du conseil municipal, à l’exception des annexes qui comprennent des données concernant des tiers et qui ne peuvent à ce titre faire l’objet d’une même publicité ?

La période 2009-2013 marque, nous dit l’IGF, une dégradation très importante de la situation financière qui, je cite, « impose la mise en œuvre urgente d’un programme de maîtrise des coûts. »

Le résultat net s’est dégradé de 71,25 % entre 2009 et 2013, passant de 3,74 M€ en 2009 à 1,08 M€ en 2013, le résultat net positif n’ayant été garanti en 2013 que par la vente à un promoteur privé, pour 1,59 M€, d’un terrain dont la valeur nette comptable était nulle. Cette dégradation s’explique par un manque à gagner sur les produits et par une dérive des charges d’exploitation.

Ainsi le résultat d’exploitation a chuté de près de 60 %, avec une augmentation de 30,37 % des charges d’exploitation et de 34,96 % des charges de personnel. Absence de maîtrise des charges et absence de rigueur dans le contrôle des coûts, le rapport pointe un accroissement du nombre d’Equivalent Temps Plein (4,22 % par an en moyenne sur la période) sans commune mesure avec l’augmentation de la taille du parc.

A titre d’illustration, un certain nombre de recours à des intervenants s’est révélé préjudiciable, coûteux et sans effet sur l’amélioration du service aux locataires.

Ceci a conduit les ressources propres de l’OPHM à s’amenuiser à tel point que les orientations stratégiques de l’Office sont devenues insoutenables, du fait d’un fonds roulement net global qui a diminué de 46,99 % et de la valeur de la trésorerie nette qui a baissé de 83,97 %, l’un et l’autre s’établissant désormais au plus bas du classement national pour les offices publics de l’habitat.

Entre 2009 et 2013, le Fonds de roulement Net Global a reculé de 24,69%. Quant au potentiel financier de l’OPHM, négatif depuis 2011, il a diminué de 167,59% entre 2009 et 2013.

En clair, toutes choses égales par ailleurs, la mise en œuvre des objectifs du projet de plan stratégique de patrimoine 2016-2022 s’avèrerait très périlleuse voire insoutenable, car elle ferait passer très rapidement (dès 2018) le potentiel financier dans le rouge pour toute la période 2016-2022, obligeant l’office à recourir à d’importantes lignes de crédit. Importante jusqu’à être insoutenable.

Le rapport détaille ensuite les mesures urgentes qui doivent être prises pour assainir la santé financière de l’office : accroissement des ressources propres, programme détaillé et chiffré de maîtrise des coûts, analyse prévisionnelle fiabilisée, autant de recommandations indiquant en creux les difficultés dont a souffert notre Office.

Parmi les anomalies relevées par l’IGF figurent notamment l’absence de procédures fiabilisées en matière comptable, de délégation de signature, des bons de commande. On comprend pourquoi l’IGF a tiré la sonnette d’alarme sur la tenue de la comptabilité générale dans une période désormais révolue mais qui a constitué une zone de risque majeure dans la gestion de l’Office.

Sur tout cela, l’IGF écrit que la qualité de l’information transmise aux administrateurs ne leur aura pas permis de s’impliquer de façon pertinente dans la gestion de l’office. Transmission des comptes sans ratios significatifs, difficultés de précision voire absence de toute explication des chiffrages choisis, cela vaut notamment pour les informations financières fournies depuis le début de l’année 2012 au moment où les administrateurs auraient pu identifier les difficultés financières et adopter des orientations de gestion basées sur des scénarios fiables.

Il en va de même pour la politique de peuplement qui traduit un terrible constat de l’IGF : sur la période 2009-2012, le taux de ménages ayant des revenus inférieurs à 60% du plafond de ressources, a diminué de 17,87%, passant de 66,21% à 48,34%, alors que la Convention d’utilité Sociale de 2011 s’était donnée pour objectif de maintenir ce taux à 75%.

Faisant face à ces déséquilibres structurels qu’il faudra 6 ans pour résorber, nous n’avons pas le droit de mettre de côtés nos ambitions et d’abandonner les nouveaux projets tels que l’accession sociale à la propriété, l’habitat participatif, le logement dédié senior.

Le défi que nous devons relever est donc celui du redressement,  de la sauvegarde de notre organisme, du droit de ses locataires et de ses agents. Et le rapport de l’IGF, a pu souligner je cite « qu’une série de mesures correctrices avaient été prises dès les premiers mois de notre mandat ».

C’est le sens du protocole de soutien que nous avons évoqué dès l’été 2014 et que nous avons négocié avec la CG2LS, cette caisse de garantie abondée par les organismes HLM et pour les organismes HLM et qui intervient en consolidation ou en redressement de la situation financière des Offices en difficultés.

Avec son appui, il s’agit de réunir les moyens de réaliser l’ensemble des projets inscrits dans le Plan Stratégique de Patrimoine 2016-2022, tout en reconstituant les fondamentaux de gestion de l’OPHM. Pour mémoire, il s’agit, sur la période 2016-2021, de construire 345 logements neufs, de réhabiliter 3269 logements anciens pour un montant de 74,4 M€ et d’en résidentialiser 3095 pour un montant de 11,6 M€.

Le principe du protocole que nous nous apprêtons à signer avec la CG2LS prévoit un effort financier pour équilibrer ce programme d’investissements à parité entre l’OPHM (sur des mesures structurelles), la Ville de Montreuil (en valorisant des apports) et la CG2LS (en subvention).

Les grandes lignes du programme sont aujourd’hui fixées. Le premier semestre sera consacré à affiner le plan dans toutes ses dimensions, en concertation notamment avec les organisations représentatives du personnel, comme je l’ai souhaité.

Nous pouvons raisonnablement envisager sa signature en juin 2016.

Nous aurons alors six années pour mettre en œuvre ce programme de travail dont l’enjeu n’est rien moins que la qualité de vie dans notre cité et l’avenir de notre Office Public de l’Habitat au bénéfice des Montreuillois, dans le respect de nos valeurs, de nos principes, de nos convictions, pour l’intérêt général et du service public, pour l’intérêt de Montreuil.

Je le dis ici solennellement: les difficultés de notre office seront réglées. Nous protégerons les locataires. Nous protégerons les agents. Ils ne feront pas les frais des errements passés.

Le logement social c’est la richesse de ceux qui n’ont pas de fortune, ni de gros moyens. Nous le préserverons et nous le développerons. Je m’y engage personnellement.

Ce soir, notre Conseil municipal doit débattre des orientations budgétaires de notre majorité pour l’année à venir.

C’est un moment décisif dans la vie d’une collectivité.

Un moment de débat, à la fois technique et politique, sur les grands choix qui vont présider à la construction du Budget de l’année.

Un moment de responsabilité aussi puisque derrière chaque euro dépensé par la ville, derrière chaque euro que nous investissons,  il y a un Montreuillois, un citoyen, qui nous l’a confié en espérant que nous en fassions un usage conforme à l’intérêt public, conforme au bien commun.

Aujourd’hui, plus encore que d’habitude, notre débat d’orientations budgétaires doit être l’occasion d’un exercice collectif ; un exercice de pédagogie, de transparence et de sincérité.

Un exercice de pédagogie , car les Montreuillois doivent comprendre, au-delà de l’accumulation des chiffres, les enjeux qui se jouent pour leur ville et ses services publics.

Un exercice de transparence ensuite, car le Budget et son corollaire, le consentement des citoyens à l’impôt, fondent depuis la Révolution française, notre en-commun républicain et son strict respect est un des garants du fonctionnement démocratique de nos institutions.

Un exercice de sincérité, enfin, qui impose de partager un point de vue objectif et documenté sur l’état réel des finances de notre commune. Ce moment institutionnelest, d’ailleurs, un premier temps d’information. Il précède une réunion publique consacrée au Budget qui aura lieu au mois de mars prochain dans cette même salle.

Chacun le sait. Nous avons changé d’époque. L’étranglement financier des communes n’est plus seulement une menace. C’est une réalité bien concrète qui corsète les finances de nos villes et plombe littéralement l’action publique locale. Les Montreuillois en sont bien conscients et se sont mobilisés contre la baisse de 12,5 millions d’euros des dotations de l’Etat. Et ils entendent avec nous ne pas renoncer a ce qui leur est du, à leurs droits.

Le fait n’est pas nouveau mais son ampleur est inédite. Il nous oblige à prendre des mesures parfois – souvent même – difficiles mais toujours responsables pour sauver le service public local.

Nous ne sommes plus à l’époque où, d’une année sur l’autre, on pouvait puiser sans cesse dans les poches de contribuables dont le niveau de vie augmentait bon an mal an.

Nous ne sommes plus – non plus – à l’époque où l’on pouvait dépenser sans compter l’argent de la collectivité.

Les contraintes nouvelles appellent des réponses nouvelles. Fortes, rigoureuses, responsables.

Elles nous imposent une gestion économe, une gestion parcimonieuse, ligne à ligne, une revue action par action de nos ressources.

Plus rien ne peut, plus rien ne doit être dépensé qui ne soit pas essentiel.

Vous l’avez lu, c’est indiqué dans le rapport d’orientations budgétaires qui vous a été adressé, la Direction départementale des finances publiques a rendu son analyse financière portant sur les exercices budgétaires de la ville de 2010 à 2014.

Elle y fait notamment le constat d’une dégradation brutale des comptes de la ville depuis 2012.

Elle s’est poursuivie en 2013 et 2014. Elle avait déjà été identifiée par le cabinet Klopfer dont j’avais partagé les constats devant le Conseil municipal l’été dernier.

Celle-ci reposait sur trois facteurs : le premier consécutif à l’« accélération des dépenses de personnel liée à l’ouverture de nouveaux équipements, à l’impact de la réforme des rythmes scolaires et aux nouveaux recrutements combinés à diverses mesures à destination des agents municipaux » ; le second lié à « la réduction des concours de l’Etat » ; le troisième relatif à « des investissements revus nettement à la hausse en 2013 et en 2014 ».

Forts de ces constats, et afin d’assainir et de redresser notre situation financière sans recours à l’augmentation des impôts locaux, nous avions décidé de prendre de premières mesures énergiques et de réaliser un cadrage budgétaire pour 2015 très serré, reposant sur trois objectifs : le maintien au même niveau des charges de personnel, la diminution de 10 % de toutes les dépenses de fonctionnement et un crédit d’investissement maintenu à 30 millions d’euros pour préserver l’avenir.

Des efforts conséquents ont donc été demandés aux agents. Cette maîtrise budgétaire s’est réalisée, cette année, sans remise en cause fondamentale du service public par la rationalisation de la gestion et l’optimisation des moyens.

Ces efforts n’ont pas été vains.

Le résultat prévisionnel pour l’exercice 2015 est très encourageant. Il marque une rupture vis-à-vis de l’histoire budgétaire de Montreuil de ces vingt dernières années. Nous aurons l’occasion d’y revenir lors d’un prochain Conseil mais je veux – dans les grandes lignes – le partager avec vous.

3,5 millions d’euros d’économies ont été réalisées, l’année dernière, sur les dépenses de fonctionnement de la ville qui sont passées de 172,9 millions d’euros en 2014 à 169,4 millions d’euros en 2015.

L’augmentation incontrôlée chaque année de la masse salariale – en hausse de 3 % par an sur ces cinq dernières années – a été stoppée. Elle est désormais contenue à 110,7 millions d’euros, soit une hausse de 0,7 % en 2015.

Un effort particulier a également été réalisé sur les dépenses de gestions courantes qui voient leur montant diminuer de 6,5 millions d’euros, passant de 43,5 millions d’euros à 37,5 millions d’euros.

Tous les services ont été concernés. La direction de la communication qui est l’objet, comme dans toutes les villes, de nombreux fantasmes, a ainsi vu son budget diminué de près de 30 % par rapport à 2013, soit une économie pour la ville de 700 000 euros.

Grâce à l’attractivité de notre ville et grâce à une vigilance accrue portée à l’encaissement des différentes taxes perçues par la commune, les recettes de fonctionnement ont augmenté, passant de 177,3 millions d’euros en 2014 à 179 millions d’euros en 2015. Près de deux millions de récupérés c’est égal à 40 % du montant du coût des travaux effectués cet été dans nos écoles.

Les dépenses d’investissement sont – avec 33,8 millions d’euros investis – restées dans le cadre que nous avions fixé ; un cadre conforme à la capacité financière de la ville et conforme aux priorités de la majorité en matière d’Education et de cadre de vie qui ont, respectivement, bénéficié lcette année de 6,4 et de 14,3 millions d’euros d’investissements. Ces secteurs fondamentaux pour la vie quotidienne des Montreuillois qui n’avaient, de l’histoire de la collectivité, jamais bénéficié de tels investissements annuels.

C’est donc un travail extrêmement positif qui a été accompli ; un travail de redressement, d’optimisation et d’économie sans précédent. Il a été réalisé au prix d’efforts considérables des élus et de l’administration ; un travail inédit et essentiel qui aurait dû être fait depuis longtemps mais dont nous ne pouvons pas encore nous satisfaire.

Vous le savez, en avril dernier et au cours de l’été, le cabinet d’audit Klopfer et la direction des Finances ont mené un nouveau travail partenarial, et ont établi la nécessité d’un effort budgétaire global de 20 M€ sur les deux prochaines années 2016 et 2017, afin de placer les finances de la ville dans une trajectoire de redressement.

J’ai ainsi demandé, dès le mois de juillet, aux services de la Ville de préparer, avec les élus, le budget 2016 avec deux objectifs : tout faire pour ne pas augmenter la pression fiscale et garantir un programme d’investissement de 30 millions d’euros annuels.

Economiser 10 millions d’euros ne s’improvise pas. C’est un travail long et exigeant, car il est hors de question d’effectuer des coupes sombres qui contrarieraient nos objectifs sociaux à l’égard des habitants comme du personnel communal.

Nous avons donc évalué, dès le mois de juillet, pour chaque politique sectorielle un objectif d’économie par délégation calculé à partir des dépenses compressibles engagées en 2015.

Un taux d’effort proportionnel par délégation a donc été appliqué sur la base d’un objectif global d’économies de 7 M€ en 2016 ; 3 M€ étant pris en charge au titre des mesures transversales.

Sur les 10 millions d’économies demandées. 6 ont, pour l’instant, été arbitrées et à l’issue de ces six premiers mois de travail, notre Budget 2016 se présente de la façon suivante :

172,2 millions d’euros en recettes de fonctionnement contre 179,1 en 2015. C’est la conséquence notamment de plus de 4 millions d’euros de baisses de dotations diverses.

167 M€ en dépenses de fonctionnement (contre 169,6 en 2015). Soit une baisse de nos dépenses de près de 3 millions d’euros. Une baisse de trois millions d’euros de nos dépenses, obtenue malgré les deux millions d’euros engagés cette année encore pour la mise en place obligatoire de la très coûteuse réforme des rythmes scolaires.

Des recettes d’investissement en hausse de 5 % par rapport à 2015 avec un emprunt limité à 20 millions d’euros et des dépenses d’investissement que nous souhaitons maintenir à hauteur de 30 millions d’euros afin de continuer à répondre aux besoins de nos écoles qui comme la voirie notamment font depuis trop longtemps, les frais d’un sous-investissement dangereux.

Ces éléments prévisionnels peuvent nous faire espérer une épargne brute de 5 millions d’euros.

5 millions d’euros, cela représente par exemple l’enveloppe prévue pour l’ensemble des travaux de réfection de nos écoles, ou le coût de la construction de six nouvelles classes. Mais 5 millions d’euros c’est trop peu pour construire , une crèche ou un centre de santé. 5 millions d’euros, cela ne permet pas à la Ville de financer les 9 millions d’euros annuels d’amortissement des biens qui doivent obligatoirement être couverts par l’épargne.

5 millions d’euros d’épargne brute, c’est donc trop peu pour équilibrer réellement le budget et échapper à une transmission, par le Préfet, de notre budget à la Chambre Régionale des Comptes.

Pour nous garder une marge de sécurité, pour pouvoir faire face aux ajustements en cours d’année et financer notre programme d’investissement, c’est entre 4 et 7 millions d’euros dont nous avons, aujourd’hui, besoin.

Pour Montreuil comme pour toutes les communes, l’équation entre la baisse des recettes et la hausse des dépenses s’avère impossible à résoudre si le logiciel que nous utilisons pour équilibrer le budget 2016 reste le même que celui dont nos prédécesseurs se sont servis, au cours des quarante dernières années.

C’est un changement de temps et d’échelle en matière de financement des communes.

Car les questions que nous nous posons aujourd’hui sont celles de savoir si nous pourrons demain, être en mesure de rénover nos rues, nos gymnases ou nos écoles.

Les Montreuillois attendent de nous que nous affrontions les problèmes en préservant les valeurs pour lesquelles nous avons été élus ; nous le ferons avec la même détermination qui conduit notre action depuis avril 2014 et qui a remis notre ville sur le chemin du redressement budgétaire.

Il y a en tout et pour tout quatre leviers sur lesquels nous pouvons agir pour retrouver des marges de manœuvre financières : le levier fiscal, le pilotage de la masse salariale, la réduction de l’épargne et la redéfinition des politiques publiques.

Sur le premier de ces leviers – le levier fiscal – j’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer. Tout sera fait pour éviter d’infliger la double peine aux Montreuillois.

Sur le second levier, celui du pilotage de la masse salariale, nous devons  travailler pour maîtriser strictement l’augmentation de nos dépenses de personnel au niveau de 2015, c’est-à-dire en dessous de la barre des 110,7 millions d’euros. C’est un impératif car nous voulons nous redonner les moyens d’investir et d’inverser la courbe de la dette.

Pour le troisième levier :  la réduction de l’épargne. Les choses sont simples. Si nous réduisons notre épargne, nous diminuons notre capacité d’emprunt et nous nous privons de toute capacité d’investissement. Réduire l’épargne signifierait réduire nos services publics, ne plus investir dans nos maisons de quartier, nos crèches ou ne plus nous soucier de l’éclairage public ou de l’assainissement.

Dans cette optique, 30 millions d’euros d’investissement annuel, c’est le maximum que nous sommes en mesure de soutenir financièrement et le minimum pour permettre à la ville de se développer. Comme en 2015, nous nous tiendrons à cette fourchette.

Reste un dernier levier, celui de la révision des politiques publiques.

C’est un travail que nous avons initié l’année passée et que nous poursuivons.

Nous allons gérer au cordeau, être économes, trouver de nouvelles ressources, bien définir les périmètres de l’action municipale pour ne pas aggraver les inégalités mais au contraire travailler à les résorber en ciblant d’une manière quasi chirurgicale nos interventions.

Nous allons mobiliser toutes les ressources humaines, c’est a dire tout le tissu associatif, les habitants des quartiers,  nos entreprises, élus et personnel communal pour mener à bien nos projets pour 2016 : le réaménagement de la place des Ruffins, la mise en œuvre des projets retenus dans le cadre du Budget participatif, la mise en place du fonds de dotation, du tutorat solidaire ou l’ouverture de la maison des Murs à pêches.

Je crois aux vertus de l’action et de l’action collective en particulier.

Nous vivons des moments difficiles.

Nous devons avoir les yeux grands ouverts sur cette réalité et nous ne devons pas perdre de vue que cette situation est anormale. Elle est anormale au regard des richesses, des savoir-faire dont dispose notre pays.

Une grande partie des richesses de notre pays sont mobilisées dans des actions aux issues plus qu’incertaines. La situation tragique de l’emploi en est une triste illustration. Le pointer et le dire sans esprit de polémique est un devoir citoyen.

La preuve est faite que l’austérité n’est pas une voie de redressement. S’entêter à rendre la vie de chacun d’entre nous et celle de notre commune toujours plus difficile est une impasse qui ne peut générer que déboires économiques, régressions sociales, de la frustration et des difficultés. L’égalité, la juste répartition des richesses, l’audace créatrice, l’émancipation et la protection de la nature sont les alternatives en phase avec les valeurs que notre majorité partage. Nous entendons les faire valoir.

Montreuil avance , j’ai évoqué le succès du Méliès , il faudrait aborder la réfection des écoles, l’ouverture des chantiers de rénovation et d’aménagement à La Noue Clos Français ou au quartier Bel-Air Grands-Pêcher, l’ouverture de 12 nouvelles classes grâce a l’action conjuguée avec les parents et les enseignants, la mise en place du budget participatif et d’un forum pour l’emploi… la liste est longue.

A notre échelle communale nous ne serons pas économes de nos efforts pour faire face et ouvrir ensemble étape par étape, ces chantiers de l’avenir et faire de notre ville un lieu inédit de coopération, de solidarité et du bien vivre ensemble.

Vivre à Montreuil est et doit être une chance. J’ai confiance. Ensemble et unis, nous y parviendrons.

Avant de conclure, je voudrais adresser, au nom de la municipalité, un message d’amitié et de soutien à la famille d’un jeune Montreuillois, Maxime Puemo TCHANTCHUIG dit Moussa, retenu depuis 42 jours dans les prisons du Bangladesh.

Deux rassemblements ont eu lieu devant l’Hôtel de Ville, le 9 et le 23 janvier.

A l’heure actuelle, alors que la Justice bengaldaise a décidé in extremis de revenir sur la décision de libération qu’elle avait prise, nous ne savons toujours pas avec certitude quand la situation de Moussa sera ré examinée.

Il faut donc, en attendant, que nous maintenions notre pression et que nous adaptions chaque jour notre mobilisation à l’évolution de la situation.

Discrètement lorsque cela est nécessaire, publiquement lorsque la situation l’exige.

Nous avons un seul impératif, un seul objectif : Etre efficaces, le plus utile possible aux intérêts de Moussa, sans démagogie et dans le respect strict des souhaits de la famille.

Je renouvelle à ses frères, à sa mère et à ses proches tout le soutien de la ville de Montreuil.