Conseil municipal du 27 septembre 2017

Chacun ici le sait, la vie politique montreuilloise est riche, très riche.

Elle est vivante aussi. Très vivante.

Il y a sur ces bancs 55 élus, issus d’horizons politiques, professionnels et personnels très divers.

Nous ne partageons certes pas tous une même vision, un même projet pour la ville, mais nous avons en commun, je le sais, de défendre – selon le prisme qui nous est propre – l’intérêt des Montreuilloises et des Montreuillois.

L’enceinte du Conseil municipal à Montreuil a toujours été un lieu de débats pour le moins animés, un lieu d’expression pour tous : pour les citoyens – comme nous avons encore pu le constater ce soir avec les deux interruptions de séance qui ont été accordées ; pour les élus de l’opposition et, bien sûr, pour les élus de la majorité.

Alors que nous avions, ensemble – majorité et minorités – réussi à conjurer les tensions trop fortes qui avaient émaillé la tenue de l’assemblée délibérante sous le précédent mandat, tout le monde a pu constater que celles-ci se sont progressivement réinstallées, avec comme effet d’amoindrir l’intérêt de nos débats et de réduire, parfois, nos échanges à des affrontements stériles et des conflits de posture.

Personne sur ces bancs – et les Montreuillois encore moins – ne veulent de cela.

Le débat public, la confrontation des idées et l’intérêt de la ville, n’ont rien à gagner aux dérapages verbaux et comportementaux que nous avons malheureusement été amenés à déplorer lors de précédentes séances.

Ce Conseil municipal, les Montreuilloises et les Montreuillois nous y ont envoyé pour faire valoir leurs intérêts : élus de la majorité comme de l’opposition.

Ils attendent de nous que nous les représentions avec dignité, probité et responsabilité.

C’est le mandat qu’ils nous ont, à toutes et à tous, confié, au-delà de nos divergences politiques.

C’est un rappel que chacune et chacun doit entendre.

Comme je m’y étais engagé au mois de juin dernier, j’ai rencontré ces dernières semaines l’ensemble des sensibilités du Conseil municipal afin de recréer, dès cette rentrée, les conditions propices au bon déroulement de notre séance.

A l’issue de ces rencontres qui se sont déroulées dans un climat que je crois nous pouvons toutes et tous, qualifier de constructif, j’ai décidé d’engager un travail avec l’ensemble des sensibilités sur la gouvernance de notre Conseil et de faire droit dès notre prochaine séance à un certain nombre de demandes qui m’étaient adressées depuis quelques temps – par les minorités notamment.

Cela concerne en particulier la préparation de notre assemblée délibérante et une transmission plus en amont des délibérations à l’ensemble des conseillers municipaux.

J’espère que ces dispositions nouvelles qui répondent aux attentes qui ont été reformulées lors de nos rencontres seront de nature à permettre à notre assemblée de retrouver la sérenité et l’apaisement indispensable au débat de fond que les Montreuillois attendent que nous menions.

La majorité s’est engagée à y contribuer largement, je souhaite – dans l’intérêt de notre ville – que les élus des minorités participent eux-aussi de ce mouvement.

J’y suis pour ma part, déterminé.

Déterminé car les menaces budgétaires et institutionnelles qui pèsent sur les collectivités locales et donc sur l’avenir du service public local n’ont jamais été aussi importantes qu’aujourd’hui.

Déterminé car je sais que nous aurons besoin de toutes les énergies individuelles et collectives pour permettre à notre ville de surmonter ces obstacles.

C’est un enjeu qui ne répond à aucun objectif partisan et qui a pour unique boussole l’intérêt de Montreuil et de ses habitants

L’accumulation des petites phrases du nouveau Président de la République ne doit pas nous masquer l’essentiel.

Derrière les outrances verbales d’Emmanuel Macron, une offensive d’ampleur est en marche. Elle est libérale. Profondément libérale.

Elle concerne tout ce qui, de près ou de loin, pourrait ressembler à une protection ou être assimilé à un élément de justice ou de cohésion sociale.

Les services publics locaux, la santé, les transports, les associations, le droit du travail, le logement sont particulièrement menacés.

Avec 20 milliards d’euros d’économies, la cure d’austérité programmée est sans précédent.

Dans le même temps, le plan si mal nommé de « relance sur le logement » va faire la part belle à la spéculation immobilière en abaissant les normes écologiques et sociales tout en mettant en danger les équilibres financiers des bailleurs sociaux et en s’attaquant à la mixité sociale et aux ressources des locataires via la baisse des APL.

C’est inadmissible.

Pour notre Office, j’y reviendrai, c’est un couperet de 3 millions d’euros qui risque de tomber.

Tout ce qui faisait notre tissu local associatif ou municipal et concoure au quotidien à notre vivre ensemble à Montreuil, est délibérément et progressivement mis en situation de banqueroute.

La chose n’est pas nouvelle mais prend, avec ce nouveau Gouvernement, une dimension, une brutalité et une vitesse inédites.

La baisse brutale des contrats aidés qui s’apparente – avec 130 000 suppressions d’emplois – au plus vaste plan social jamais mené dans notre pays va impacter, comme partout en France, nos associations montreuilloises, surtout dans nos quartiers les plus populaires.

La baisse des dotations déguisées, la suppression de la taxe d’habitation, la baisse de 2 millions d’euros rien que pour la Seine-Saint-Denis des crédits de la politique de la ville… tout cela va continuer à priver nos villes des recettes indispensables pour leurs investissements et pour le bon fonctionnement du service public.

Les choix du chef de l’État sont clairs et nous ne les partageons pas.

Avec le président du Conseil départemental, avec de nombreux maires nous avons tiré la sonnette d’alarme depuis de nombreuses semaines car les forces vives du 93 sont en danger.

Mais c’est une bataille qui, pour être remportée, a besoin de la participation de tous. C’est pour cela que j’ai réuni lundi en mairie, les associations de la ville menacées par la fin des contrats aidés. Une démarche commune est engagée. Nous la mènerons jusqu’au bout.

Depuis le début du mois, chacun le sait, une mobilisation est en cours contre la casse du code du travail.

D’autres mobilisations sont à venir car le big-bang institutionnel porté par le Président de la République, va aboutir à une dévitalisation démocratique et sociale de notre pays et à une re centralisation massive de l’organisation territoriale dont la disparition programmée des départements n’est qu’un des multiples aspects.

Nous devons donc avoir à l’esprit que refuser ces logiques et leurs injustices exigent une grande détermination et que cette détermination sera insuffisante si nous ne faisons pas nombre.

Seule l’union peut donc nous laisser espérer sortir gagnant des bras de fer qui s’annoncent.

Moi, comme maire, comme élu et comme citoyen, c’est à la réalisation de cette union pour défendre les intérêts des Montreuillois et de notre ville que je consacrerai une nouvelle fois mes forces, et, je le souhaite, avec votre soutien.

C’est, je crois, un objectif que nous pouvons partager sur tous les bancs de cette assemblée.

La majorité y est engagée dans sa diversité et sa pluralité.

Il faut conjuguer nos forces pour soutenir et permettre aux acteurs associatifs qui font vivre chaque année dans toute la ville des centaines voire des milliers de projets culturels, sportifs, éducatifs ou sociaux de les mener à bien.

La deuxième partie de mandat qui s’ouvre voit, je l’ai dit, des enjeux nouveaux se dessiner. Des enjeux vitaux pour Montreuil. Des enjeux urbains, des enjeux scolaires, des enjeux d’espace public, des enjeux budgétaires et bien d’autres encore.

Face à ces enjeux, chacune des sensibilités de la majorité a réaffirmé sa volonté de continuer à travailler collectivement au service du projet pour lequel les Montreuilloises et les Montreuillois nous ont élus il y a plus de trois ans.

L’action, l’investissement et les résultats de chacun devront être à la hauteur des engagements pris.

Car le tableau un peu sombre que j’ai dessiné ce soir, ne signifie pas que l’action municipale ait été gelée. Bien au contraire. Elle exige des adjoints et des conseillers municipaux délégués toujours plus de travail, toujours plus de présence dans les quartiers, aux côtés des Montreuillois.

Il y a la saison deux du Budget participatif qui commence la semaine prochaine, la livraison des espaces publics à La Noue qui viennent d’être inaugurés, le démarrage des consultations relatives au réaménagement urbain du quartier Le Morillon, l’ouverture (enfin!) des espaces intérieurs de la piscine au Bel-Air, la livraison de plusieurs équipements sportifs de proximité… bref, plein de choses sont en cours.

Plein de choses avancent et plein d’autres encore sont à venir. Je pense au réaménagement de la Place des Ruffins à la Croix de Chavaux, à celui de la Porte de Montreuil, à la mutuelle communale de Santé ou à la colocation intergénérationnelle.

Montreuil, dans la tempête qui frappe toutes les villes, particulièrement en Seine-saint-Denis, doit rester un territoire protecteur, un territoire solidaire où tout le monde ait le loisir de trouver sa place.

Nous avons la chance de vivre dans une ville formidable. Une ville en mouvement perpétuel, en ébullition permanente.

C’est un enjeu pour nous tous, de créer les conditions pour que toutes ces énergies se fédèrent, et trouvent à Montreuil les lieux, les conditions, l’accompagnement et les ressources pour se développer.

Vivre à Montreuil est une chance. Cela doit, malgré tous les bâtons qui nous sont mis dans les roues, le rester.