Conseil Municipal du 2 octobre 2014

Je voudrai commencer ce Conseil municipal, notre sixième en six mois, par saluer notre belle unanimité d’avant-hier soir.

Mardi soir, dans cette même salle, près de 600 personnes étaient rassemblées ; unies autour d’un même objectif : celui de faire aboutir le prolongement de la ligne 11, réclamé depuis des décennies et des décennies par des dizaines de miliers de nos concitoyens.

A mes côtés, à cette même place, le Président du Conseil régional, le président du Conseil général, le président de la Communauté d’agglomération, les maires des Lilas, de Rosny, de Noisy, de Romainville et des représentants de Bagnolet et de Paris et dans la salle, les élus presque au grand complet de l’ensemble des villes concernées.

Avant-hier, l’intérêt général et le souci du bien commun ont pris le pas sur toute autre considération. C’est exactement ce que souhaitaient nos concitoyens et c’est sans doute ce dont notre société en proie aux déchirements de toutes sortes a le plus besoin.

Je voudrais d’ailleurs saluer les Montreuillois pour leur très forte mobilisation. Semaine après semaine, ils sont toujours plus nombreux à rejoindre notre lutte pour les transports en commun et nous pouvons nous en féliciter. Près de 7 000 signatures obtenues en quatre mois à peine ! C’est un signe qui ne trompe pas. Montreuil attend avec impatience l’arrivée de la ligne 11 et l’a, une fois de plus, fait savoir mardi dernier.

Le T1, la ligne 9 ou la ligne une… tous ces projets d’avenir auront besoin, eux-aussi pour voir le jour de pareils rassemblement.

Je prendrai très prochainement, sur ces sujets, des initiatives et j’espère pouvoir compter sur tous les élus de ce conseil et sur tous les Montreuillois, pour que nous retrouvions cette même énergie qui nous a animés et réunis avant-hier soir et qui nous a fait adopter à l’unanimité cette délibération demandant à l’Etat de tenir ses engagements.

L’arrivée d’un métro, d’un bus change une ville et change des vies.

Derrière chacun des projets que je viens d’évoquer, c’est la vie de milliers et de milliers de Montreuillois qui pourrait en effet être transformée, être radicalement améliorée.

Ce changement, cette amélioration – en profondeur et sur le long terme – du quotidien des Montreuilloises et des Montreuillois, c’est notre priorité.

Le succès du Conseil extraordinaire de mardi et les annonces faites par le président de la région nous laissent même penser que notre action commence à porter ses fruits. Je le rencontrerai d’ailleurs prochainement pour lui parler de la ligne 1, dont la concertation va commencer, du prolongement de la ligne 9 qui est le réel moyen de transport structurant pour la ville et qui réunira le Haut et le Bas Montreuil, du renforcement des lignes de bus nécessaires et d’autres projets importants pour Montreuil, comme la rénovation de la Grande Halle du Parc Montreau.

Mais les conséquences pour la vie des Montreuillois sont – elles – encore à venir.

Penser au Montreuil de demain et nous réjouir ne nous autorise pas, en effet, à fermer les yeux sur la situation que connaît notre ville aujourd’hui.

Cette situation vous la connaissez tous. Tous les Montreuillois la connaissent. Ceux du bas, comme ceux du haut. Ceux de Boissière comme ceux de Montreau ou ceux de Bobillot.

Partout, c’est un même constat. La ville, malgré tous l’énergie de ses XXX agents de la propreté, malgré tous les moyens engagés et malgré tous les efforts que nous déployons depuis six mois reste globalement sale.

C’est un discours de transparence et de vérité que nous devons aux Montreuillois. Parce que ce problème est, pour beaucoup d’entre eux, le problème n°1 que nous avons à régler.

Nous voulons une ville dont les Montreuillois soient fiers ? Nous devons au minimum leur donner une ville qui soit propre.

L’incivisme, celui des entreprises et des particuliers – très rarement Montreuillois d’ailleurs – qui considèrent l’espace public de notre commune comme le leur, qui comme un garage, qui comme une déchetterie ou qui comme des toilettes doit cesser.

Le coût de ces comportements est trop lourd à supporter pour notre commune. Il est trop lourd à supporter pour les Montreuillois.

Le temps de l’explication, de l’argumentation, du dialogue et de la tolérance avec ce que je considère comme des voyoux est ter-mi-né.

Que cela soit dit partout. La ville de Montreuil, son maire, n’accepteront plus la moindre tolérance avec ces indélicats qui s’autorisent à salir et à dégrader nos rues.

En juin dernier, j’ai rappelé à l’ordre plus d’une centaine de commerçants quant à leurs obligations en matière de déchets. A partir du 13 octobre l’avertissement cèdera la place à la verbalisation.

Ces prochaines semaines des moyens exceptionnels vont être engagés. Les équipes des services voirie-propreté de la ville vont ainsi pouvoir compter sur l’arrivée de deux nouveaux véhicules de lavage haute pression, d’une nouvelle balayeuse équipée de brosses de désherbage, de véhicules légers électriques avec bennes et d’un nouveau fourgon.

Dans cette lutte pour la propreté de la ville, les effectifs de la tranquilité publique seront eux-aussi mobilisés. Une cellule consacrée à la répression des contrevenants va être mises en place.

Pose de caméras, comme dans la rue des Lilas, dispositifs anti-dépôts, fermeture de rue, comme celle de la Montagne-pierreuse… nous utiliserons tous les moyens matériels, humains et légaux à notre disposition pour faire cesser ces dépôts sauvages qui sont une vraie calamité.

Leur ramassage relève pour le moment de la compétence de la communauté d’agglomération mais je ne m’interdis aucune hypothèse si l’exigence d’efficacité et de résultats que nous réclamons depuis six mois n’est pas satisfaite.

C’est cette même exigence d’efficacité et de résultats qui nous a conduit à demander avant l’été le retour à une gestion municipale des corbeilles de rue et au ramassage à jour fixe et par quartier des encombrants. Hier matin, la communauté d’agglomération nous a donné son accord.

Les opérations « coups de balais », comme celle que nous avons menée en juin dernier rue Juliette Dodu et rue des Braves vont reprendre dans les prochains jours. Désormais nous ne nous contenterons plus d’un simple nettoyage de voirie mais, comme sur le boulevard Aristide Briand le 20 octobre prochain ou la rue de Valmy d’ici une dizaine de jours, c’est à grand coup de balayeuse, de brosse de désherbage, de désherbeuse auto-portée et autres bruleur à gaz et à eau chaude que nous allons redonner à notre espace public le visage qu’il aurait toujours du garder.

J’insiste un peu sur ces dispositifs parce que le problème qui nous est posé, à Montreuil, par la propreté est devenu un problème politique. Au sens ou l’ampleur prise par celui ci met à mal la notion d’espace commun, défie l’efficacité du service public et celle de l’autorité territoriale et impacte directement la qualité de vie des Montreuillois.

La bataille de la propreté à Montreuil, c’est une bataille que nous devons gagner. C’est une question de cadre de vie, de bien-être et de santé publique. C’est une question prioritaire pour notre majorité.

Nos ambitions pour notre population sont réelles.

Elles le sont d’autant plus que pour nos concitoyens la vie est difficile, parfois dure. Ils ont donc plus que jamais besoin de notre présence à leurs côtés et de nos services et de nos interventions : sur le terrain et auprès des institutions.

Dans un contexte de diète budgétaire imposée par l’Etat nous ne serons jamais les bons petits gestionnaires de la pénurie , ni les petits boutiquiers du service public.

Nous n’appauvrirons pas les plus modestes en réduisant nos services ou en augmentant inconsidérément leur participation aux finances communales.

Et, en cette période de préparation budgétaire j’ai demandé aux services de la ville de ne rien lâcher. L’Etat, la Région, le département ou la communauté d’agglomération chacun devra rendre à Montreuil ce qui doit, de droit, revenir aux Montreuillois. Je multiplie mes rencontres institutionnelles afin de faire avancer nos projets. J’ai rencontré récemment le Président du Conseil Général pour renouer un partenariat fort entre Montreuil et le Département, pour travailler avec lui à la construction du 10ème collège nécessaire à Montreuil ou à la rénovation de la Croix de Chavaux.

Ce dialogue est important et s’il le faut nous irons ensemble obtenir de nos partenaires qu’ils respectent tous les engagements pris.

A cette occasion je pense aux habitants des Morillons, à la direction du LIDL qui s’était pourtant engagée à rester ouvert, et qui laisse la place « Le Morillon » un peu plus déserte alors que ce quartier a besoin de vie, de services publics, de commerces et de sécurité. J’ai sollicité le Préfet pour m’aider à accueillir des possibles repreneurs dans un contexte sécurisé. Je me battrai sur ce dossier car c’est le quotidien même des habitants qui en jeu.

Nous avons donc besoin de l’aide de nos partenaires mais dans le même temps, je compte sur les élus, sur les services pour que chaque dépense soit maîtrisée, pour que chaque euro dépensé soit socialement valorisé. C’est un devoir citoyen. C’est notre responsabilité d’élu.

Nous ne vivons pas en vase clos. L’austérité frappe à toutes les portes y compris aux nôtres. Dans une France et un monde en crise faire de Montreuil une ville dont les Montreuillois soient fiers, une ville innovante et attractive, une ville qui s’en sort bien, une ville qui ne cède rien pour assurer un avenir décent est un défi.

Ensemble nous devons le relever.

A Montreuil, nous avons les intelligences, les savoir-faire pour affronter positivement un avenir tourmenté et réussir ensemble notre projet humaniste pour la ville.

J’ai souvent dit que vivre à Montreuil devait être une chance pour ses habitants.

Retroussons nos manches et ayons confiance en l’avenir.