Budget 2016 : Nous ne dépenserons pas plus que ce que les Montreuillois peuvent supporter…

Photo : Gilles DelbosAu cours de mes derniers arpentages, c’est-à-dire les visites de quartier, vous avez été nombreux à m’interroger sur les impôts locaux. Pour certains, ces interrogations font suite à la lettre que j’ai adressée au président de la République pour l’alerter sur les graves conséquences de la baisse des dotations dues par l’État à notre commune. Cette baisse et les charges qui ne cessent d’augmenter affecteront notre budget à hauteur de 25 millions d’ici 2017. C’est énorme. Nombre d’entre vous m’ont donc posé la question : faudra-t-il recourir à une augmentation des impôts locaux pour compenser cette chute de nos moyens ? Une ville comme Toulouse, conduite par une municipalité de droite, y a eu recours avec une hausse de 15 %. Pour ma part je n’ai pas voulu y faire appel pour vos impôts 2015. Et je ne souhaite pas m’y résoudre cette année encore. À cela une raison : ne pas vous faire payer cash les millions que l’État aurait dû nous régler. Trop de familles montreuilloises, de trop nombreux anciens sont déjà financièrement à la peine pour que nous aggravions inconsidérément cette part de leurs dépenses.

Nous n’aurons de cesse de réclamer à l’État ce qu’il nous doit. Et je vous invite à rejoindre les milliers de Montreuillois qui ont déjà signé la pétition allant dans ce sens et que nous transmettrons aux autorités.

Pour ce budget 2016 que nous élaborons, nous bataillons dur pour, une nouvelle fois, ne pas avoir recours à une augmentation générale et tenir les équilibres budgétaires auxquels nous sommes contraints. Le sondage que nous avons publié a montré que vous soutenez massivement cette option.

Mais cette bataille pour des impôts contenus comporte un engagement : une gestion extrêmement rigoureuse, une maîtrise absolue des dépenses. Je dois à la vérité de dire que cela ne fut pas le cas dans les mandatures précédentes. Les budgets élaborés n’étaient pas toujours sincères. Les dépenses dépassaient largement les prévisions. Cette situation a laissé à notre commune un déficit de 24 millions d’euros. Dans la même veine, le rapport entre les besoins en personnel et les tâches réelles à accomplir a été laissé à vau-l’eau. Nous allons arriver à la situation absurde d’avoir des personnels en panne, du fait de la surface de nos interventions et alors même que la masse salariale gonfle sans cesse. Satisfaire nos devoirs publics avec un personnel toujours plus compétent grâce des formations conséquentes est devenu nécessaire.

Sauf à accepter la solution de faire porter sur les Montreuillois les amputations des dotations, l’accroissement mécanique des charges et le non-rétablissement des comptes et des structures, et en augmentant de façon considérable la charge des impôts, obligation incontournable nous est donc faite :
– de rechercher toutes les économies possibles dans tous les secteurs de notre activité sans exception et d’adapter nos structures à nos missions.
Les choix que cela impose doivent répondre à un seul objectif : servir l’intérêt de chaque Montreuillois dans la limite de ses moyens réels.
Car nous ne dépenserons pas plus que ce que peuvent supporter les Montreuillois.

Nous ne payons les factures ni les salaires avec des mots ou des discours. Avec des « Y a qu’à » ou des « Faut qu’on ». Montreuil n’est pas une entreprise privée qui fait des bénéfices. C’est une collectivité. Toute dépense y est réglée avec l’argent des Montreuillois. À Montreuil, l’enfance est un bien commun des plus précieux. L’avenir de 11 000 jeunes Montreuillois dépend en partie de l’action municipale. Nous lui avons consacré plus de 17 millions, en incluant l’investissement en direction de la jeunesse et le sport. La bonne santé de notre population, en particulier celle de nos anciens, pour laquelle nous engageons plus de 3,3 millions d’euros chaque année… Toutes ces actions municipales font partie de nos grandes priorités, aux côtés du Logement, de la Propreté, de la Culture pour tous, et même de l’Emploi qui ne figure pourtant pas dans les fonctions obligatoires des communes. Mais pour tenir ces priorités, nous devrons être économes ailleurs.

Nous ne reculerons pas sur ces fondamentaux montreuillois. Ils rétablissent une part d’égalité entre les citoyens et font l’attractivité de notre ville. Car une ville sans un service public performant, c’est une vague cité-dortoir, une vague adresse mais pas un lieu de vie, d’échange, de convivialité, de créativité. En bref, une ville, un lieu de vie où l’on est bien et où chacun se sent un avenir. Nous sommes dans une situation inédite, difficile, pour notre commune, à l’instar de toutes les communes de France. Les choix politiques qui font passer les intérêts strictement privés, les intérêts particuliers avant l’intérêt général nous ont conduits à la situation négative à laquelle nous sommes confrontés. Nous avons bien conscience que cette situation dont nous héritons appelle à des changements, y compris dans la façon même dont les affaires de notre pays et de l’Europe doivent être menées.

Pour l’heure, à Montreuil, nous devons faire face aux réalités, et c’est par la lucidité, le courage, le sens du bien commun et la volonté de défendre strictement les intérêts des Montreuillois que nous parviendrons non seulement à faire face à la situation actuelle, mais à donner une direction positive à notre futur.

C’est le sens profond de mon propre engagement.