Grand Paris : qu’en est-il des maires bâtisseurs ?

Notre mobilisation sur les transports a remporté une nouvelle victoire. Si les annonces du Premier Ministre faites  lors de son discours prononcé à l’issue du comité interministériel sur le Grand Paris se concrétisent réellement, les financements seront assurés pour réaliser le prolongement de la Ligne 11. Parallèlement, la région devrait se voir dotée de 140 millions de recettes nouvelles et nous ne manquerons pas de continuer à nous mobiliser pour que le Tramway T1 soit réalisé dans les délais prévus.

Côté logement, les annonces de Manuel Valls sont décevantes. Le Premier ministre ne semble pas avoir pris la mesure de l’urgence de la mise en place d’une aide aux maires bâtisseurs. Le Gouvernement part du postulat que les maires ne veulent pas construire. Ça n’est pas le cas de la grande majorité des maires surtout en Seine-Saint-Denis. Montreuil a été de tout temps une terre d’accueil et le restera. Mais comment accueillir de nouveaux habitants sans pouvoir financer les équipements publics nécessaires qui permettent aux familles de vivre dans de bonnes conditions : des écoles, des crèches, des bibliothèques, ou encore des gymnases. A Montreuil la démographie scolaire est telle que nous devrons construire trois écoles dans les années à venir alors même que Montreuil va être privée par l’Etat de 12 millions d’euros pour les trois prochaines années. Comment investir alors que l’Etat nous donne de plus en plus de responsabilités sans nous donner les moyens de mettre en oeuvre ces politiques ?

Pour pouvoir répondre à cette question du logement, les premières pierres de la Métropole du Grand Paris doivent être posées rapidement autour d’une nouvelle gouvernance démocratique, respectueuse des dynamiques de territoires, et qui ne détruit pas les mutualisations de services publics opérées par les communautés d’agglomération qui fonctionnement bien.

Le Grand Paris doit avoir une stratégie métropolitaine sur les grands enjeux territoriaux. Le cas de la Seine Saint Denis est particulier. Nous accueillons les populations qui n’ont pas les moyens de se loger et élever leurs enfants à Paris et dans les Hauts de Seine mais pour autant nous ne bénéficions pas de la fiscalité des entreprises implantées à l’ouest. La métropole du Grand Paris devra donc se donner pour objectif de corriger les inégalités entre les territoires.