8 mai 1945-2015 : Le combat pour la paix doit continuer !

20150508_111639Mes chers ami-es, mes chers camarades, vous avez été les témoins des événements. Le 8 mai 1945, vous avez entendu, pour la deuxième fois depuis le 25 août 1944, où Paris se libérait, vous avez entendu la sirène de notre mairie, les cloches de nos églises retentirent pour annoncer que l’Allemagne nazie était vaincue. Qu’elle acceptait sans condition de cesser toute agression et  de mettre ainsi un terme au plus grand drame que la France, l’Europe et le monde aient connus.

Jeunes de Montreuil retenez ces chiffres, 50 millions de frères, de sœurs, de mères, de pères, de grand-pères et de grand-mères, d’oncles, de 20150508_111634tantes ou de cousins, à l’image de celles et ceux qui vous    entourent et qui vous choient ont été tué entre 1940 et le 8 mai 1945.

50 millions de morts ! Imaginez un pays comme  le nôtre en partie réduit en cendres, vos rues vides, vos maisons et vos immeubles vides, imaginez un univers sans voix, sans cris d’enfants, un pays entier où régneraient un silence de plomb, un silence définitif.

La guerre fût mondiale. Avec 600 000 morts la France paiera un lourd tribu à cette abominable page de l’Histoire de l’humanité. Tous les pays européens furent saignés, à commencer par l’Allemagne elle-même. Elle vit plus de 6 millions des 20150508_121626siens disparaître dans les affres de la guerre. Au cruel palmarès des nations martyres figure un pays qui payera plus que tout autre la volonté hégémonique de l’Allemagne sur l’Europe ce fût le peuple de l’ex Union soviétique.

Elle mena une guerre de libération nationale durant laquelle plus de 21 millions de ses enfants laissèrent leur vie.

Les Etats-Unis et la courageuse Grande Bretagne paieront aussi chèrement cette victoire contre les nazis. Le prix du sang pour la liberté scelle à tout jamais des liens de solidarité entre tous ces peuples.20150508_122039

Et puis le 8 mai 1945 mit un terme au crime le plus inouï commis contre l’humanité : la Shoah.

C’est-à-dire l’extermination systématique des Juifs français, des Juifs allemands, des Juifs polonais, des Juifs ukrainiens … en un mot, des Juifs des pays d’Europe occupés par les troupes de l’Allemagne nazie.

Cette guerre mondiale, ces massacres généralisés, ce génocide scientifiquement organisé ne nous sont pas tombés du ciel. Ils sont le résultat d’une volonté politique basée sur une idéologie : le nazisme.20150508_122026

Cette idéologie incarnée par Hitler avait une base : l’affirmation assumée que le monde était inégalitaire et la négation de la démocratie. Et dès lors, qu’un groupe d’humains avait donc le pouvoir absolu de conduire le monde à sa guise que tous les autres étaient en quelque sorte des sous-hommes juste bons à servir leurs ambitions et leurs desseins.

Car le nazisme, c’est la loi du plus fort portée à son paroxysme, le nazisme c’est l’inégalité devenue religion d’Etat20150508_135015.
Cette idéologie, un peuple, le peuple allemand l’a fait sienne un temps.
Nous ne méditerons jamais assez cette réalité.

En permettant à Hitler d’accéder au pouvoir en 1933, la grande majorité des Allemands n’imaginaient pas un instant que le parti nazi et son chef les conduiraient vers l’enfer et la mort pour 6 millions d’entre eux.

Certes, ils connaissaient la brutalité des nazis quand ils injuriaient les journalistes. Certes, ils connaissaient leur anti communisme et leur antisémitisme viscéral, mais ces signes ont pesé si peu face à leur souffrance sociale et à l’humiliation née au lendemain du traité de Versailles de 1919. Un traité qui faisait des allemands des citoyens de deuxième zone.

En 1933, la plupart des allemands espéraient avant tout en finir avec une classe de politiciens impuissants à régler leurs problèmes, à régler le chômage de masse et la misère nés dans la crise financière de 1929.

Les Allemands ont été mystifiés.

Hitler su dédiaboliser son image. Il s’est employé à montrer un  visage et un programme propres, où il était question de grandeur nationale, de travail pour tous.

Dignité et travail, dans sa bouche, dans ses interventions publiques, tout devenait possible pour peu qu’on écarte les communistes et les juifs présentés comme les ennemis de l’intérieur de l’Allemagne, comme les empêcheurs de vivre mieux.
Le désespoir étant si profond, la volonté de s’en sortir était si grande, qu’il se trouva une majorité du peuple allemand à ne retenir que les promesses.

A l’inverse de ce qui se dit trop souvent, ce ne sont pas les plus démunis, les chômeurs, les ouvriers et les employés qui portèrent Hitler au pouvoir, mais les couches moyennes effrayées d’être les prochaines victimes de la crise économique et sociale qui frappait l’Allemagne de l’époque.
Hitler a donc menti aux Allemands et le mensonge a pris.

La division de la gauche allemande lui facilita une ascension qui n’était pas irrésistible. Car c’est aussi une leçon de cet instant capital de l’Histoire : divisée, sans programme social clair et net ouvrant un avenir au peuple comme ce fût le cas en France en 36, la gauche allemande a laissé la voie libre aux démagogues nazis.

Crise économique du capitalisme, chômage de masse, pauvreté de masse, inégalités, divisions de la gauche, soif de pouvoir d’une extrême droite prête à tous les mensonges, prête aux fausses promesses sociales.

Cela ne résonne t-il pas à nos oreilles?

Si l’Histoire ne repasse jamais les mêmes plats, convenons, nous tous qui sommes rassemblés ici ce matin, que ces mots, que ces situations ne nous sont pas totalement étrangers, et que pour certains ont les croirait sorti ce matin même d’un flash ou d’un bulletin d’informations.

Mesdames, Messieurs, quand la France va mal, l’extrême droite va bien. Pour accéder au pouvoir elle n’hésite pas à se parer de républicanisme, de laïcité, de social même.
Ecoutez Marine Le Pen dire que la laïcité est en danger. Entendez la s’épandre sur nos protections sociales en danger.
Ou sur le chômage qui nous menace. Mais que dit-elle des causes et des raisons réelles de ces dangers ?
Qu’ils sont le fruit d’un système qui draine vers une minorité de possédants l’immense richesse que crée le monde du travail et sans lequel rien n’existe ? Sûrement pas.

Marine Le Pen et les siens se gardent bien de dénoncer le système inique où l’inégalité est, elle aussi, élevée au rang de religion.
Un système où 86 personnes possèdent un patrimoine égal à celui rassemblé de 3,5 milliards d’êtres humains !
Un système où l’appropriation individuelle, l’accaparement, font de notre pays la championne d’Europe en nombre de millionnaires quand 8 millions d’entre-nous vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Un système qui fait aussi de la France la championne d’Europe en terme de versement de dividendes. Sachez que ces dividendes ont augmenté de 30,6 % en 2014. Quel Montreuillois travaillant au SMIC ou quelle retraitée Montreuilloise a vu son salaire ou sa pension augmenter de 30,6% en 2014 ? Où est la justice sociale dans de telles conditions ?

Les Le Pen, père et fille, se gardent bien de faire ce constat qui désigne de facto les auteurs de nos maux et des fractures qui déchirent notre pays. Pour l’un comme pour l’autre, nos maux ont une cause unique, les immigrés d’hier et ceux de maintenant.
Les immigrés d’aujourd’hui sont-ils en train de remplacer les Juifs d’hier ?

Et le mensonge est en train de prendre, comme l’a révélé le journal Le Monde dans un récent sondage.
Le mensonge prend d’autant mieux que l’exaspération sociale et la crise politique et culturelle sont à leur comble, que le sentiment d’abandon est grand.
Il prend particulièrement auprès des couches moyennes et depuis peu dans les couches populaires qui craignent d’être entrainées à leur tour dans la spirale infernale de la régression sociale.

Dans un tel contexte, il ne suffit plus d’en appeler, droit dans ses bottes, aux préceptes de la République. Il faut remettre l’intérêt du peuple, l’intérêt général, au cœur de notre politique économique et sociale.

On échappera à la menace d’un régime libéral et autoritaire qui se dessine par une seule issue : construire une France nouvelle, sociale, solidaire, écologique. Une France basée sur le respect et l’égalité et donc une juste répartition des richesses créées par notre peuple.

Pas de paix sans paix sociale. Pas de paix sans l’espoir partagé par tous d’un avenir meilleur.
Oui, il faut augmenter les salaires et les pensions.
Oui, il faut construire massivement des logements pour les jeunes.
Oui, il faut garantir de bon soins pour chacun.
Oui, il faut consacrer les aides publiques aux entreprises.
Oui, il faut une école forte, capable de donner à chacun toutes les chances de la réussite.

Tous les efforts, tous les moyens doivent être consacrés à cet objectif, et pour y parvenir il faut prendre l’argent là où il est, là où il déborde d’une façon quasi obscène, comme viennent de nous le rappeler les 300 000 euros annuels et à vie qui seront versés à un grand patron de l’industrie automobile, parti en retraite. Une retraite chapeau que certains trouvent normale !

Notre pays est riche, la preuve. Il est riche de ressources matérielles et surtout humaines.

Une France forte d’un peuple ambitieux pour lui même et pour les autres a un avenir.

Il faut cesser de dire aux français qu’il n’y a pas d’autres chemins que ceux de l’austérité, comme on vient de le répéter en haut lieu. Ces paroles désespèrent la France du travail, surtout quand elles viennent de la gauche.
Les citoyens doivent refuser d’être réduits à l’état de variable d’ajustement dans la guerre folle des prix que se livrent les capitalistes, dont les nôtres à l’échelle planétaire.

Avec d’autres, je dis que nous avons tous les atouts pour parvenir à ce grand projet national, qui réconcilierait tous les membres de la nation dans un élan émancipateur.

L’état de la France, les menaces qui planent sur notre démocratie, tout cela nous impose des devoirs ici et maintenant.

Modestement et sûrement, ici à Montreuil, nous démontrons chaque jour que la voie de la coopération et de la solidarité sont des outils efficaces pour que chacun progresse socialement et humainement dans la vie et cela dans l’intérêt du bien commun.

Cette voie, nous allons lui donner une ampleur nouvelle dans les prochains mois. Nous allons faire la preuve qu’unir pour réussir ça marche. Et qu’une collectivité au diapason de ce principe peut déjouer tous les pièges et notamment ceux du repli, du communautarisme et se donner un avenir positif.

Dans cette tâche, nous avons besoin de toutes les forces, de toutes vos forces, vous qui avez à cœur de célébrer ce 8 mai 1945 et l’espoir que cette date à fait naître.

Au lendemain du 8 mai 1945, comme des millions de nos concitoyens vous vous êtes écriés «plus jamais ça !».

Le mieux vivre et le bien vivre ensemble sont les seuls contre-poison à la haine, à la guerre et aux barbaries qui font des ravages sur tous les continents, en particulier en Afrique du nord ou au Moyen-Orient.

A nous tous unis d’en faire les alternatives concrètes. Montreuil veut y prendre sa modeste part mais toute sa part. C’est notre ambition.